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15 avril 2014 2 15 /04 /avril /2014 14:06

 

Un métal à double visage

MercureOn sait depuis très longtemps que le mercure est un produit dangereux pour les êtres vivants qu'il empoisonne plus ou moins lentement entraînant des troubles divers : rein, système nerveux, système cardiovasculaire, système immunitaire, enfants à naître... Beaucoup d'entre nous ont d'ailleurs vu les photos des ravages entraînés chez les enfants japonais de Minamata dont les mères avaient consommé du poisson chargé en mercure...

Pour autant, le mercure, à faible dose, est connu depuis des siècles pour avoir des vertus médicales et il est utilisé dans la lutte contre les infections depuis l'antiquité et contre la syphilis depuis le XVI° s. Remède dangereux, puisque l'on soupçonne que la belle Agnès Sorel, la bonne amie du roi Charles VII, à la fin de la guerre de cent ans (XV° s), est morte empoisonnée suite à une absorption trop massive de mercure.

Bref, comme pour le bon vin, si tout le monde admet que le mercure à haute dose est un danger majeur (la réglementation a sévèrement réglementé voire interdit un certain nombre d'applications du mercure dans la vie courante), les avis sont plus partagés pour les faibles doses. On trouve encore actuellement en pharmacie des médicaments antiseptiques à base de mercure et de nombreux « plombages » dentaires contiennent un pourcentage de mercure.

 

De nouvelles controverses

Depuis quelques années, une nouvelle controverse est apparue insistant sur les effets à très long terme du mercure à faible dose sur la santé mentale des consommateurs et des patients. Dans un premier temps, seules quelques sources disparates, notamment une étude de 1997 dite de Tübingen (du nom d'une ville allemande), ont tenté de remettre en cause le consensus. Dès leur émergence, quelques groupes d'activistes se sont lancés dans la bataille pour remettre en cause l'ordre établi et les institutions, qui attendaient des éléments plus assurés avant de prendre position de manière officielle et définitive. L'étude de Tübingen n'a en effet pas été publiée dans une revue de référence en matière de sciences médicales et elle n'a donc pas fait l'objet d'une analyse serrée quand à la validité du protocole mis en oeuvre. Pourquoi remettre en cause ce qui est admis, si, pour les faibles doses, les premières nouvelles alarmistes ne sont pas confirmées dans les mois ou les années qui suivent. Le cas s'est déjà produit avec l'aluminium soupçonné d'être une cause majeure d'Alzheimer dans les années 1980 et largement relativisé depuis.

 

Des positions officielles

Pour autant, au cours des dernières dix années, les positions officielles ont évolué progressivement avec la prise de position du Programme des Nations Unies pour l'Environnement (PNUE) – qui concluait à l'impact du mercure sur la santé humaine et à la nécessité de mettre en place des actions internationales – , celle de l'Union Européenne en 2004 (bannissement progressif du mercure dans les applications industrielles et domestiques), celles du Conseil de l'Europe (la dernière en 2011) promouvant, entre autres, l'interdiction pure et simple des amalgames dentaires.

 

Évolutions

Même si les intérêts commerciaux des différents fabricants de prothèses dentaires ne facilitent pas la compréhension du dossier, il apparaît que les amalgames utilisant le mercure sont voués à disparaître à terme, même s'ils ne sont qu'un facteur d'aggravation de l'environnement du cerveau parmi tant d'autres. Mais l'on sait que pour la majorité de la population, la maladie d'Alzheimer est liée à une accumulation de facteurs défavorables. Dans ce fait, il est parfaitement raisonnable d'être prudent dans ce domaine.

 

Conséquences

Sans être naïf (les produits de remplacement des amalgames au mercure engendrent d'autres inconvénients moins médiatisés à l'heure actuelle), il convient de rester relativement prudent quant aux mesures à prendre. L'enlèvement des plombages dentaires n'est pas une opération anodine et sans risque dans la mesure où elle s'accompagne de productions de petits morceaux et d'une émission relativement forte de vapeur de mercure.

S'il convient alors d'éviter les plombages au mercure pour les plus jeunes, il est inutile de se précipiter chez son dentiste pour faire enlever tous les amalgames que l'on a en bouche, l'éradication des plombages en place n'est donc certainement pas à envisager de manière systématique. On pourra par contre les faire remplacer de manière opportuniste au fur et à mesure de leur vieillissement naturel.

Il convient enfin de rappeler que la prévention vaut beaucoup mieux que toute réparation et qu'une excellente hygiène buccale est le meilleur moyen d'éviter toute prothèse dentaire. A cet effet, les brosses à dent électriques à tête rotative sont les instruments les plus efficaces pour protéger sa dentition en les utilisant après chaque repas et au moins deux fois par jour.

 

 

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