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6 décembre 2011 2 06 /12 /décembre /2011 16:39

    

Une controverse ancienne

Alzheimer hasOn savait depuis longtemps que les médicaments spécifiques utilisés pour le traitement de la maladie d'Alzheimer étaient controversés sur le plan de l'efficacité thérapeutique et qu'ils n'étaient souvent acceptés par les autorités sanitaires que faute de mieux, en l'absence de médicaments permettant de réellement guérir la maladie. En effet, ils n'apportent dans le meilleur des cas qu'un répit, une diminution de certains symptômes chez une fraction non négligeable de la population des malades, ce qui est déjà une forme d'amélioration de l'état des malades, sans pour autant modifier la dynamique de la maladie. Pourtant, malgré ces connaissances, la Haute Autorité de Santé (HAS) avait choisi de classer ces médicaments parmi ceux apportant un « Service Médical Rendu » important en raison « de la gravité de la maladie (enjeu majeur de santé publique) et de leur place dans la stratégie de prise en charge des patients (…) ».

 

Une réévaluation par la HAS

La Haute Autorité de Santé, au travers de sa Commission de Transparence, vient de réévaluer les quatre médicaments spécifiques de la maladie d'Alzheimer au mois d'octobre 2011. Il semble que les travaux aient été rendus difficiles par un climat de tension important qui existe sur la question.

L'ambiance était telle que tous les débats, qui ont duré trois mois durant l'été, ont été filmés et sont disponibles sur le site de la HAS.

Il convient de rappeler que la réévaluation du service médical rendu est une pratique courante depuis le début des années 2000. En fonction du niveau de service médical rendu (qui va de majeur à insuffisant en passant par important, modéré, faible), le remboursement sera ou non pris en charge par l'Assurance-Maladie (remboursement par la collectivité). Seuls, les médicaments à Service Médical Rendu Insuffisant (SMRI) ne sont pas pris en charge par la Sécurité Sociale.

 

Une ambiance tendue

Si les molécules elles-mêmes ont une efficacité limitée, mais loin d'être nulle, leur prescription et leur utilisation est l'occasion d'un dialogue important avec la profession médicale, de bilans, de discussions, bref, de toute une ambiance d'intérêt pour le malade et son entourage qui participe à l'action thérapeutique plus ou moins directement. Les malades et leurs familles pouvaient craindre qu'on leur enlève un élément qui participe aux soins, qui contribue à l'équilibre précaire de leur vie souvent difficile.

 

Un service médical rendu faible

La réévaluation du service médical rendu a abouti à un verdict de faiblesse, dernier niveau avant le déremboursement du médicament, ce qui représente une dégringolade significative dans l'échelle d'évaluation. Cette réévaluation a été justifiée par les effets modestes des médicaments, les effets indésirables potentiels et les risques d'interaction médicamenteuse. Rien de bien nouveau, en fait, puisque certains de ces éléments figuraient déjà dans les précédentes évaluations et fiches « bon usage des médicaments » (2007). Une nouvelle fiche de bon usage va d'ailleurs être écrite.

 

De nouvelles conditions de prescription

Comme suite de cette réévaluation, les conditions de prescription vont être modifiées. En cas de prescription des médicaments, le médecin-prescripteur (spécialiste : ce ne peut pas être le médecin-traitant) devra réévaluer le traitement au bout de six mois. Au-delà d'un an, la décision de continuer la prescription devra être prise conjointement en « réunion de concertation pluridisciplinaire » réunissant le patient, son aidant, le médecin-prescripteur et le médecin-traitant.

Bref, le suivi de la prescription des médicaments spécifiques est nettement renforcé. On pourra argumenter que cela revient à les supprimer dans un certain nombre de cas où ils pourraient rendre service en raison des contraintes. On pourra rétorquer que cela permettra de faire un bilan beaucoup plus précis des avantages et des inconvénients réels pour chaque malade et qu'il faudra, certes, y consacrer un peu de temps. On pourra également remarquer que les réunions de concertation pluridisciplinaire permettront, idéalement, un accompagnement beaucoup plus précis et personnalisé et une concertation sur les soins à apporter au malade et à son accompagnement.

 

 

 

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