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22 mars 2011 2 22 /03 /mars /2011 17:39

 

 

 

HumeurDans un précédent article, la question du moral des aidants avait déjà été abordée. Voici quelques conseils supplémentaires pour maintenir un meilleur moral, être mieux dans sa vie et donc être plus efficace dans les activités que l'on se donne à réaliser.

 

 

Ne restez pas isolés

La maladie d'Alzheimer est un trouble majeur pour le malade mais également pour l'aidant qui, souvent, se sent différent, craint les réactions de surprise ou de désagrément des tiers (qu'il ne faut ni nier, ni sous-estimer)...

Il est alors important de maintenir un réseau social avec tous ceux qui sont importants pour vous, que vous les voyiez seul ou avec votre malade. Il est également important de compléter ce réseau social par de nouvelles relations, aussi bien avec des familles de malades (cf. ci-dessous) qu'avec des tiers qui pourront vous apporter la chaleur dont vous avez besoin...

 

Ne tentez pas de tout faire seul

Si vous le pouvez, faites vous aider.

En outre, entourez-vous de conseils de personnes qui ont traversé les mêmes difficultés que vous, en particulier, des membres des associations de familles de malades qui pourront d'une part vous apporter du réconfort, d'autre part vous orienter et vous conseiller judicieusement dans les actions à mener et les démarches à réaliser.

 

Valorisez ce que vous faites

Les activités que vous menez auprès du malade exigent une grande force et une constance remarquable. Cela n'apparaît pas à tous ceux qui n'y sont pas confrontés en permanence et qui ne connaissent pas le poids que cela représente. Il est important que pour vous et pour les personnes que vous rencontrez, vous sachiez expliquer ce que vous faites, les apprentissages que vous avez réalisés, les progrès que vous avez accomplis, le temps que vous investissez, les défis d'imagination que vous devez déployer... Il ne s'agit pas de vous plaindre, il s'agit de montrer que vous êtes en activité, en action... que vous êtes une personne engagée, vivante et que le combat, même s'il est difficile, en vaut la peine.

D'une part les tiers vous regarderont d'un oeil différent, souvent d'un oeil étonné, et d'autre part, ils seront plus enclins à vous faciliter la vie quand ils vous rencontreront ou si vous le leur demanderez.

 

Acceptez les pensées et émotions qui vous traversent

Vous vous sentez parfois sous pression, ce qui peut recouvrir toutes sortes d'émotions et de pensées qui vous semblent inopportunes comme de la peine, de la rage, de la peur ou même de l'apaisement.

Ces émotions et ses pensées signifient que vous avez besoin de vous occuper de vous, de prendre du temps pour vous, ou qu'au contraire, les circonstances se sont améliorées (apaisement) alors que vous ne l'escomptiez pas de cette façon (une aggravation de la maladie vous laisse un certain répit). Ce sont des messages profonds destinés à vous faire comprendre, et surtout admettre, des besoins que vous avez et que vous ne souhaitez pas forcément prendre en compte, souvent parce qu'ils vous semblent inappropriés...

Au besoin, faites vous accompagner par des amis, par des personnes de confiance ou par un psychologue...

 

Soyez réalistes

La maladie d'Alzheimer est une maladie cruelle pour le malade mais également pour l'entourage. Il est important de savoir comment les choses vont évoluer, comment elles pourraient évoluer afin de ne pas avoir des attentes trop différentes de ce qui va se passer et de pouvoir anticiper sur l'organisation et les secours dont vous aurez besoin pour faire face aux (éventuelles) difficultés avant qu'elles ne s'abattent sur vous...

 

Prenez particulièrement soin de vous

Le malade a besoin de vous. Il est donc d'autant plus important que vous soyez en forme et d'aussi bonne humeur que possible pour pouvoir apporter ce qui est nécessaire. Ce n'est pas en réunissant une personne malade et une personne déprimée que vous pourrez avancer. Prenez soin de vous pour être au summum de votre efficacité et notamment valorisez vos activités personnelles et celles que vous menez pour votre malade (cf. ci-dessus)...

 

 

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15 mars 2011 2 15 /03 /mars /2011 15:42

 

 

justice.jpgLes malades victimes de délits

Les personnes malades d'Alzheimer ont souvent, sinon une certaine fortune, du moins un petit pécule et en tout cas quelques biens, aussi minimes soient-ils. Ces biens, souvent le fruit d'une épargne et du travail de longues années, peuvent donner des envies à toutes sortes de personnes pour toutes sortes de raisons plus ou moins honorables (et nous n'épiloguerons pas sur Robin des Bois qui vole les riches pour donner aux pauvres tout en se servant au passage)...

 

Selon certaines études récentes réalisées à l'étranger, plus des deux tiers des larcins proviennent de proches du malade : famille, aidants professionnels ou aidants bénévoles... Il est alors souvent très difficile de porter plainte en raison des problèmes de gêne et des conséquences en matière de réputation que cela peut avoir. En effet, quand des liens forts se sont tissés entre le malade ou la famille et la personne indélicate, il est souvent délicat de prendre une décision ressentie comme épineuse, voire conflictuelle tant dans le for intérieur des personnes concernées qu'entre les personnes concernées elles-mêmes.

 

En outre, il arrive fréquemment que les personnes victimes du larcin se sentent elles-mêmes coupables d'avoir laissé traîner leur affaires, de ne pas avoir été suffisamment vigilantes, de ne pas avoir pris assez de renseignements sur l'auteur du délit, d'avoir pu laisser croire à un accord tacite de leur part...

 

 

Que peut-on faire, alors ?

Tout d'abord, il est important d'avoir une position commune entre toutes les personnes concernées par le délit pour éviter les conflits et les ressentiments ultérieurs. Il est alors nécessaire de recenser les différentes personnes concernées, de connaître leur position et d'évaluer les divergences entre les uns et les autres. Il sera alors possible de vérifier si les positions sont proches et/ou compatibles ou fort éloignées. Cela peut prendre du temps, beaucoup de temps si certaines personnalités fortes ont des positions très divergentes. Cela peut même ne pas aboutir, mais c'est une autre affaire...

 

Les différentes solutions envisageables sont le règlement à l'amiable, le dépôt de plainte contre X, le dépôt de plainte contre une personne déterminée (personne morale ou personne physique), la constitution de partie civile.

 

Règlement à l'amiable

En général, le plus simple est de régler le problème à l'amiable. Si les faits sont clairs, si le délit est affirmé et de peu d'importance, il est sans doute possible de trouver un terrain d'arrangement pour d'une part réparer le préjudice et d'autre part éviter qu'il ne se reproduise. Le droit, d'ailleurs, prévoit des mesures alternatives aux poursuites sous réserve que le préjudice soit réparé, le trouble résultant de l'infraction cesse...

 

Porter plainte contre X

Le dépôt de plainte contre X permet de déposer rapidement plainte si l'on ne connaît pas précisément l'auteur du délit ou si l'on ne souhaite pas que son nom figure sur un acte judiciaire. Ce type de dépôt de plainte permet de saisir la justice avant que les délais de prescription (3 ans pour les vols et les escroqueries) ne soient atteints et permet de faire pression sur l'auteur du délit.

 

Dépôt de plainte nominatif

Le dépôt de plainte nominatif permet d'exercer une pression plus forte sur la partie adverse sous réserve que les faits soient suffisamment bien établis. Il y a peu de risque à faire un dépôt de plainte nominatif, sous réserve que le dépôt de plainte ait été fait en toute bonne foi.

Un dépôt de plainte nominatif ou contre X entraîne une analyse du dossier par la Justice qui pourra classer sans suite ou engager des poursuites (voire entamer des mesures alternatives aux poursuites)...

 

Constitution de partie civile

Le dépôt de plainte avec constitution de partie civile permet d'obtenir réparation auprès de la justice pour le préjudice subi. Il est à faire après un premier dépôt de plainte si le dossier a été classé sans suite et que le demandeur est sûr de son fait. En effet, si le juge décide de ne pas poursuivre, malgré la constitution de partie civile, la partie adverse peut se retourner contre le plaignant pour dénonciation calomnieuse. De ce fait, il peut être prudent d'attendre que des poursuites pénales aient été engagées par la justice avant de se constituer partie civile. Dans ce cas, la justice a effectivement estimé qu'il y a avait matière à poursuivre et la constitution de partie civile permet d'obtenir réparation sans encourir les risques précédemment mentionnés.

 

Conclusion

Il existe donc différentes solutions pour obtenir réparation suite à un délit dont un malade a été victime. On choisira la « meilleure » solution en fonction du souhait des personnes concernées, en fonction de la gravité de la situation, en fonction des perspectives de règlement de la situation. D'une manière générale, il vaudra mieux, le plus souvent, un accord amiable rapide, satisfaisant et définitif plutôt qu'un traitement plus long, plus incertain et plus coûteux en temps.

 

 

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8 mars 2011 2 08 /03 /mars /2011 15:43


 

 

Escalier.jpgPour toute personne ayant des difficultés musculaires ou des douleurs articulaires, la montée et la descente d'un escalier peuvent être des épreuves difficiles voire insurmontables. Pour un malade d'Alzheimer, aux problèmes physiques éventuels vont se rajouter les difficultés de perception et de raisonnement spécifiques à la maladie à partir d'un certain stade.

 

Que peut-on faire, alors, pour faciliter la vie du malade – et de ses aidants – et pour que l'escalier soit un lieu sans risque majeur ?

 

Condamner, à terme, l'escalier

Il faut garder à l'esprit qu'à partir d'un certain stade, le malade ne pourra plus utiliser l'escalier, même avec l'aide d'un tiers. Soit, il faudra abandonner l'usage de l'escalier (et donc ramener l'ensemble de ce qui est nécessaire à la vie courante sur un seul étage), soit il faudra contourner la difficulté (ascenseur, monte-charge, pan incliné...).

Il pourra également être utile de condamner l'escalier pour le malade (barrière efficace, porte, cloison mobile...). Il faudra veiller à le faire avec des dispositifs adaptés aux adultes, à leur taille, à leur force, à leur persévérance...

Des systèmes électroniques (détecteur de présence, détecteurs de mouvement...) permettant de savoir ce que fait le malade pourront être fort utiles...

 

Toutefois, avant d'en arriver là, des mesures plus simples peuvent être prises.

 

Rambardes

La mise en place d'une double rambarde (à gauche et à droite de l'escalier) permettra au malade de s'appuyer avec ses deux bras si l'escalier est suffisamment étroit, de choisir le côté sur lequel il s'appuie (il arrive souvent qu'un bras soit plus vaillant que l'autre), voire de changer de côté d'appui pour soulager un des deux bras alternativement... La rambarde sera fixée à 80-90 cm au-dessus du sol et commencera et se terminera avant et après l'escalier pour permettre un appui sûr avant de commencer la progression dans l'escalier.

Même pour passer un simple seuil (une marche), une rambarde (voire une poignée d'appui) sera fort utile.

 

Éclairage

Un éclairage suffisamment puissant sera également nécessaire pour faciliter la perception des marches, la vue des rambardes et des éventuels obstacles (qu'il vaut d'ailleurs mieux évacuer très régulièrement)... L'interrupteur doit être placé de manière à être très facile à trouver. On peut également opter pour un interrupteur automatique détectant la présence d'une personne. Il faudra veiller à son excellent fonctionnement : il est important que la lumière reste allumée pendant tout le temps d'utilisation de l'escalier.

Il peut être également intéressant d'installer des éclairages au ras des marches qui permettent de mieux les visualiser.

Certains auteurs mentionnent le fait qu'un éclairage trop brillant peut dissuader le malade de retourner se coucher la nuit, car il refuse de croire que le jour ne s'est pas levé. Dans ce cas, un variateur pourra être utile.

 

Rugosité

Il conviendra de vérifier que l'escalier n'est pas glissant (trop bien ciré par exemple). Des surfaces antidérapantes pourront être fort utiles pourvu qu'elles ne forment pas obstacle et que le malade ne risque pas d'y trébucher en raison d'une légère surélévation par rapport au reste de la marche. Il sera intéressant de matérialiser les bords de marche d'une couleur différente afin qu'elles soient parfaitement visible, même avec une vue déclinante. A cet effet, des barres ultra-fines antidérapantes et colorées peuvent être d'une aide non négligeable.

 

Tapis

Les tapis de seuil (fixés ou non) et autres paillassons peuvent être dangereux en raison de la légère surélévation qu'ils engendrent dans tous les cas (risque de trébucher) et en raison des risques de glissade qui peuvent exister s'ils ne sont pas fermement fixés. Par contre, un tapis (ou une moquette) d'escalier bien fixé et comprenant une barre antidérapante (non saillante) sur le bord de chaque marche sera souvent beaucoup plus sûr qu'un escalier en bois en terme de risque de glissade.

 

Supervision

De toute façon, il convient de jeter de temps en temps un coup d’œil discret sur le malade quand il entreprend de s'aventurer dans l'escalier. Ainsi, on pourra s'assurer qu'il est suffisamment vaillant et en forme pour franchir l'obstacle, on pourra éventuellement l'encourager gentiment et, le jour venu, il sera possible de prendre les mesures de précaution nécessaires si le malade a besoin d'aide ou s'il est nécessaire de limiter son accès dans ces zones devenues dangereuses.

 

 

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1 mars 2011 2 01 /03 /mars /2011 16:27

 

 

Aide-a-domicile.JPGRéticences du malade

Beaucoup d'aidants croulent moralement et physiquement sous les tâches à accomplir pour leur malade et pour eux-mêmes. Une solution est de se faire aider par un proche ou par des professionnels de l'aide à domicile. Quand le budget est trouvé, que la bonne personne a été contactée, il arrive parfois qu'un obstacle imprévu se produise : le malade, pour toutes sortes de « bonnes » raisons, ne veut pas qu'un tiers vienne chez lui.

 

Alors que l'aidant se réjouissait de pouvoir être soulagé, il est parfois obligé, sinon de renoncer, du moins de différer son projet et, s'il n'a pas anticipé cette difficulté, il risque d'être très fortement déçu, de s'énerver, voire de se mettre en colère ou même de se démoraliser.

 

Anticiper les objections

Dans le cas où l'aidant a vraiment besoin d'une aide, ce qui est le cas le plus général, il est alors bon de se préparer à traiter les objections du malade, ce qui pourra prendre différentes formes, selon le stade de la maladie. La proposition d'aide, refusée un jour, peut parfaitement être acceptée le lendemain par un malade qui aura eu besoin le premier jour d'affirmer son existence et qui le lendemain sera dans une humeur différente et aura oublié ses objections de la veille.

 

Dans les autres cas, on pourra tenter les stratégies suivantes qui repose sur la minimisation des conséquences et sur la nécessité, pour l'aidant, de se faire aider :

  • écouter attentivement le malade : il est enfin important d'écouter attentivement les objections du malade, de leur donner de l'importance, de lui montrer que son avis compte, qu'il est pris au sérieux. Il convient de le rassurer quant aux objections principales et, autant que faire se peut, de l'associer en amont au choix de l'aide à domicile ;

  • commencer progressivement : l'aide à domicile pourra commencer par venir quelques (dizaines) de minutes par jour en travaillant sur des activités neutres c'est-à-dire ne concernant pas directement le malade (ménage, rangement, linge...) ;

  • indiquer que l'aide concerne l'aidant et non le malade : l'aidant indiquera que personnellement, il ne peut pas ou ne peut plus réaliser telle ou telle tâche compte tenu de douleurs, de difficultés diverses. Si c'est le cas, il sera intéressant de rappeler des périodes antérieures où l'aidant a eu besoin d'aides dans le passé ;

  • indiquer que l'aide n'est que temporaire, le temps pour l'aidant de passer une période plus délicate ;

  • rappeler que l'aide à domicile ne coûte presque rien, que les subventions couvrent la quasi-totalité de la dépense et qu'il serait regrettable de se passer d'une telle aide mise à la disposition par la commune, comme pour beaucoup d'autres habitants ;

  • se faire appuyer par une figure d'autorité : le médecin, un frère ou une soeur, les enfants. Le médecin pourra même indiquer que c'est lui qui veut que l'aide à domicile vienne pour appuyer l'aidant ;

  • avoir des rapports amicaux avec l'aide à domicile, ce qui permettra de l'introduire comme un(e) ami(e) qui vient donner un coup de main...

 

 

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22 février 2011 2 22 /02 /février /2011 15:36

 

 

Humeur.jpgOn sait que le moral des aidants est souvent soumis à rude épreuve par la maladie d'un proche. S'il arrive que des personnes arrivent à faire face avec une force certaine, il en est de trop nombreuses qui souffrent de manière significative. Les aidants sont beaucoup plus sujets à la dépression que les personnes du même âge en raison de la charge physique et émotionnelle à laquelle ils ont à faire face.

Il est alors important d'utiliser toutes les possibilités de gérer au mieux son moral afin d'être dans les meilleures dispositions possibles pour vivre sa vie et mener ses activités. Mais que peut-on faire, alors ?

 

D'abord, si la situation est trop difficile à porter par soi-même, il est important d'aller chercher de l'aide auprès d'un professionnel, notamment son médecin-traitant ou un psychologue. Rappelons d'ailleurs que la réglementation française prévoit une consultation annuelle pour l'aidant (voir Liste des Actes et Prestations).

 

Avant d'en arriver à des mesures fortes, il peut être utile d'adopter des mesures simples qui peuvent contribuer singulièrement à améliorer le moral de l'aidant à moyen et long terme :

 

  • Être actif

La dépression s'installe d'autant plus facilement que l'on rumine et que l'on n'ose plus agir. C'est un cercle vicieux où la dépression entraîne le dégoût d'agir et où le dégoût d'agir entraîne la dépression. D'une manière générale, pour sortir d'un cercle vicieux, il convient de le rompre.

Le plus simple est de commencer à agir en acquiesçant aux sollicitations qui peuvent être faites par les proches, la famille, les amis ou l'actualité...

 

  • Démarrer un projet

Un projet est également un excellent moyen d'agir qui donne sens à un temps de vie plus ou moins important. Ce peut être un projet à court terme (un bon dîner) ou à plus long terme (préparation d'une fête ou d'un voyage). Ce qui importe est que le projet soit aussi intéressant que possible dans son atteinte et que sa préparation soit gratifiante (joindre l'utile à l'agréable). Si le moral est bas, il peut être difficile d'envisager un projet avec un œil favorable. Raison de plus pour le démarrer quand le moral est bon : le projet contribuera à soutenir le moral.

 

  • Se ménager des temps de plaisir

A plus court terme, il sera intéressant de se ménager très régulièrement, tous les jours, des petits moments de plaisir personnel, des instants d'éternité qui dépendront des goûts de chacun : cela peut être une émission particulièrement intéressante à la radio, un petit gâteau délicieux acheté à la pâtisserie d'en face que l'on prendra le temps de savourer, une boisson particulièrement gratifiante (rappelons toutefois que les boissons alcoolisées sont, dès la première goutte, des produits nocifs), une séance chez le coiffeur ou un massage, une promenade à vélo...

 

  • Avoir une vie sociale

Participer à la vie d'un groupe, voir d'autres personnes, est un puissant moyen de soutenir le moral par les échanges qui en découlent, par le plaisir d'interagir, d'être reconnu comme personne vivante, de donner son point de vue, d'apprécier les autres et d'être apprécié...

 

  • Voir des amis

Au-delà de la simple vie sociale, pouvoir partager des sentiments et émotions personnels est un élément très important de l'équilibre affectif. Les personnes qui disposent d'un réseau relationnel dense – permettant d'avoir de l'aide facilement, d'avoir une écoute attentive et empathique – ont une santé et un moral beaucoup plus solides que celles qui n'en disposent pas... Appuyez-vous sur vos proches (famille ou amis) quand vous en avez besoin et n'oubliez pas de renvoyer l'ascenseur quand ce sont vos proches qui ont besoin de vous.

 

  • Écrire son journal

Le simple fait d'écrire permet à la fois de décharger et souvent d'oublier, au moins en partie, les émotions qui peuvent nous assaillir. Cela permet également de prendre du recul, de réfléchir et de trouver des parades aux émotions négatives qui sinon risquent de revenir régulièrement.

 

  • Se donner le temps

Il faut enfin garder à l'esprit qu'un moral en forme se développe avec le temps et que les changements n'ont pas forcément lieu en deux temps et trois mouvements. Ce sont les processus, les rites qui permettent de faire évoluer les choses. Commencez alors par les « bonnes » habitudes qui vous plaisent le plus. Planifiez les moments de plaisir, les sorties, les rencontres... de manière régulière chaque jour ou chaque semaine ou chaque mois. Commencez quand vous allez bien de telle manière que les habitudes soient bien ancrées. Et faites-vous aider rapidement quand vous en avez besoin.

 

 

 

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15 février 2011 2 15 /02 /février /2011 17:00

 

 

Salle-de-bains.jpgL'Association Alzheimer de New-York propose quelques conseils pour faciliter la grande toilette des malades Alzheimer, celle que l'on fait sous la douche ou dans la baignoire.

 

 

Vérifications de base

Les conseils indiquent de vérifier d'abord un certain nombre de points simples et de bon sens :

  • La température de la pièce et la température de l'eau sont-elles adaptées ?

  • Le malade est-il gêné par la présence de tiers (personnel, enfant, conjoint...) pour se déshabiller ?

  • Est-ce compliqué pour le malade d'être déshabillé, baigné, lavé (cheveux en particulier) ?

  • Le malade craint-il de tomber en montant dans la baignoire ?

  • L'éclairage de la salle de bain est-il trop faible ou trop fort ?

  • Le malade est-il épuisé au moment de procéder à la toilette ?

  • Le malade a-t-il peur de l'eau ?

  • La douche envoie-t-elle l'eau de manière inconfortable pour le malade ?

 

 

Comment faire face ?

Il convient que la pièce soit à la fois sûre (limitation des risques) et sécurisante pour le malade (qu'il s'y sente en sécurité).

Des barres de maintien pourront utilement être fixées dans la douche et près des toilettes.

Dans une baignoire, il est intéressant d'utiliser un siège de transfert qui permet de faire passer le malade sans risque de l'extérieur de la baignoire à l'intérieur de la baignoire.

Dans une douche, un siège de douche tourné dos au pommeau facilitera le confort du malade.

Il est préférable d'avoir une douche manuelle qui permet d'orienter le jet d'eau adéquatement.

Utiliser la limitation de température pour éviter de brûler le malade avec de l'eau trop chaude.

Neutraliser les systèmes de verrouillage des portes (afin d'éviter que le malade s'enferme seul), utiliser des matériels antidérapants, et couvrir les radiateurs (éviter les chocs et les blessures).

 

La toilette devrait pouvoir être une expérience agréable pour le malade (et pour l'aidant). Il est favorable de la programmer quand le malade se sent en forme, d'utiliser un peignoir de bain valorisant pour le malade, de diffuser des parfums que le malade apprécie (aromathérapie) si c'est le cas, d'utiliser une radio étanche pour passer de la musique que le malade aime.

 

Il est possible que le malade n'apprécie pas d'être vu en petite tenue. Si c'est le cas, une cape ou un rideau de douche percé d'un trou laissant passer la tête pourra être fort utile pour « habiller » le malade. On commencera par le laver par les pieds en remontant doucement et précautionneusement. Il est souvent intéressant de parler au malade pendant que l'on s'occupe de lui par une conversation enjouée et rassurante. Si le malade semble effrayé, admettez ses émotions et apportez lui de la réassurance.

 

Utiliser, si nécessaire, des produits de lavage sans rinçage.

 

 

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8 février 2011 2 08 /02 /février /2011 16:21

 

 

 

Plaque-amyloide.jpgDes plaques toujours toxiques

On observe, dans le cerveau des malades d'Alzheimer, des plaques amyloïdes. Ces plaques semblent jouer un rôle important dans l'évolution de la maladie en particulier parce qu'elles engendrent un milieu toxique pour les neurones situés à proximité.

 

Toutefois, différentes expériences qui ont été tentées avec des « médicaments » afin de détruire les plaques amyloïdes ont donné des résultats décevants, allant jusqu'à aggraver l'état des malades. De tels résultats entraînent alors toutes sortes de remises en cause des hypothèses scientifiques précédemment admises, allant jusqu'à oublier certains faits importants acquis par la recherche et la biologie.

 

Bref, quoi que l'on fasse, les plaques sont toxiques : quand elles sont présentes, elles créent un environnement nocif pour les neurones, quand on les détruit, les symptômes risquent de s'aggraver.

 

 

Un emballage de molécules hautement toxiques

Une nouvelle hypothèse a été forgée récemment, tendant à expliquer cette double nocivité des plaques amyloïdes. Les plaques seraient effectivement toxiques par elle-mêmes, mais elles renfermeraient dans leur épaisseur des molécules encore plus toxiques pour le cerveau. En fait, les plaques amyloïdes seraient une solution imparfaite trouvée par le cerveau pour mettre de côté, pour isoler des déchets toxiques qui, à défaut, lui causeraient des dommages encore plus importants.

 

Ainsi par exemple, on a repéré dans le cerveau des malades, des concentrations importantes de certains anticorps de virus courants (Herpès en particulier), anticorps que l'on rencontre beaucoup moins chez les personnes bien portantes. Ces anticorps signifient la présence du virus (qui ne disparaît pas, mais dont le nombre diminue très fortement), présence le plus souvent discrète, contrôlée. A la défaveur d'une petite baisse de régime du système immunitaire, le virus peut réapparaître en quantités plus importantes, entraînant des dommages au cerveau, notamment par inflammation.

 

 

De nouvelles pistes

Cette hypothèse, séduisante par sa capacité à expliquer la double nocivité de la plaque amyloïde, donne de nouvelles possibilités d'expérimentations pour mieux soigner les malades : il ne faut plus seulement traiter la plaque amyloïde, il faut également, et peut-être même surtout, traiter les produits les plus délétères qu'elle contient. Ceci implique néanmoins de faire un inventaire précis des molécules toxiques contenues spécifiquement dans les plaques amyloïdes et de trouver les médicaments qui permettront de les traiter. Pour certaines, cela sera sans doute simple (on dispose de toutes sortes de traitements anti-viraux récents), pour d'autres cela sera certainement plus compliqué. L'avenir nous le dira sans doute bientôt.

 

 

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1 février 2011 2 01 /02 /février /2011 19:04

 

 

2010.jpgLa rédaction d'une revue électronique américaine sur la maladie d'Alzheimer (Alzheimer Research Forum) a consacré un article aux treize principaux enseignements que l'on peut tirer de l'année 2010 concernant la maladie d'Alzheimer. Pourquoi treize ? L'article ne le dit pas. C'est sans doute le chiffre porte-bonheur du rédacteur, à moins que ce ne soit le nombre d'événements qui l'ont frappé le plus.

 

  1. En termes de financement aux Etats-Unis, si les sommes consacrées à la recherche évoluent peu, certains projets importants ont trouvé des fonds l'an dernier, en particulier un projet d'imagerie médicale.

  2. Les recherches sur les médicaments avancent, mais ne donnent pas encore de résultats exploitables en clinique. Plusieurs molécules ont été abandonnées en phase 3 (essais sur des groupes importants de malades) en 2010 en raison de la faiblesse de leur impact sur les malades. De nouvelles molécules ont été validées en phase 2 (essais sur de petits groupes de malades).

  3. La prévention a été à l'honneur en 2010 avec un grand débat aux Etats-Unis sur son efficacité, avec le lancement d'études longitudinales de grande ampleur sur le devenir de parents de malades, avec des débats en Europe sur la possibilité de mettre en place des comportements préventifs chez les familles à risque.

  4. Une proposition de critères affinés pour le diagnostic de la maladie d'Alzheimer a été présentée par des experts des Services de Santé américains (NIH), critères qui ont été bien accueillis par la communauté des chercheurs et qui restent encore à valider.

  5. Des progrès dans les méthodes de diagnostic ont été faits avec de nouvelles possibilités de mesurer des marqueurs biologiques de la maladie d'Alzheimer dans le sang des patients afin de permettre d'intervenir plus rapidement.

  6. Il a été confirmé que l'apolipoprotéïne E (ApoE) est un facteur de risque important dans la maladie d'Alzheimer, en particulier sous la forme de l'allèle ApoE4 et des progrès ont été accomplis dans la compréhension de l'évolution de la maladie liée à ApoE4.

  7. En matière de génétique, si ApoE4 reste le principal facteur de risque, d'autres facteurs de moindre importance ont continué à être mis en évidence en 2010, comme par exemple un gêne déjà connu pour être lié à certaines formes d'obésité...

  8. La dynamique et les caractéristiques de la plaque Bêta-amyloïde ont continué à faire l'objet de recherches très intenses et il est à noter qu'il est apparu que chez les malades, la production de molécules formant la plaque n'était pas plus importante que chez les « bien-portants », mais que c'était l'élimination de ces molécules qui était insuffisante.

  9. Le rôle de la molécule tau et son interaction avec la plaque amyloïde ont continué à être investigués en 2010 et leur potentialisation (multiplication réciproque des effets) a été confirmée.

  10. Les études sur la gamma-secrétase, l'enzyme qui découpe les molécules à la base de la plaque amyloïde, ont continué et donnent l'espoir de former des inhibiteurs de fonctionnement de cette gamma-secrétase, ce qui pourrait permettre de ralentir la formation de la plaque.

  11. Les recherches concernant le rôle des métaux dans la maladie d'Alzheimer ont continué et de premières études, qui restent à confirmer, semblaient indiquer qu'une diminution de la concentration de fer dans le cerveau serait favorable alors que des troubles du transport du zinc seraient défavorables.

  12. Des progrès ont été accomplis dans la transformation de cellules souches en cellules nerveuses (neurones) : des cultures de cellules souches pourraient être utiles pour repérer les fragilités neuronales des personnes (tests prédictifs).

  13. On a confirmé en 2010 que les cellules gliales, qui emballent, protègent et aident les neurones peuvent avoir un rôle important dans la maladie d'Alzheimer, en fonction de leur caractéristiques.

 

Il ressort de toutes ces études que la recherche progresse, qu'elle progresse régulièrement, sans doute trop lentement, mais que de nouvelles pistes ont été mises au jour sans pour autant qu'une percée majeure ait été réalisée en 2010.

 

 

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25 janvier 2011 2 25 /01 /janvier /2011 12:02

 

 

 

Différentes sortes de neuronesDestruction des synapses

La maladie d'Alzheimer est caractérisée par la destruction de neurones, les cellules nerveuses du cerveau, commençant par l'endommagement des synapses (« bras » permettant la communication entre neurones), leur désorganisation puis leur dégénérescence. La communauté scientifique pense généralement que cette destruction est favorisée par un milieu délétère formé par les plaques amyloïdes se formant progressivement dans le cerveau des malades par accumulation de déchets et de molécules endommagées.

 

Régénérescence des synapses

Une expérience récente sur des souris génétiquement modifiées vient de montrer qu'il était possible de régénérer les synapses des neurones à l'aide d'une molécule chimique récemment découverte la « Bryostatin ». Cette expérience a été réalisée par l'Institut de Neurosciences Blanchette Rockefeller implanté en Virginie aux Etats-Unis et publiée en janvier 2011 dans le « Journal des Neurosciences ».

L'expérience a montré que, malgré les plaques amyloïdes, il était possible d'arrêter la destruction des synapses existantes et de favoriser la croissance de nouvelles synapses en utilisant la « Bryostatin » et d'autres molécules proches qui agissent directement au niveau cellulaire.

L'expérience a également montré que la croissance des synapses s'accompagnait d'un arrêt de l'extension des plaques amyloïdes suggérant par là qu'il existe au minimum une interaction entre la croissance des plaques et celles des synapses.

 

Vers un nouveau médicament ?

Devant de tels résultats, qui viennent confirmer d'autres réussites antérieures (concernant les traitements de traumatismes du cerveau et d'attaques cérébrales), l'Institut de Neurosciences a décidé de s'engager dans des essais cliniques plus approfondis pour tester la « Bryostatin » en tant que médicament pour les malades d'Alzheimer.

La prochaine étape va consister à tester l'efficacité de la molécule sur un nombre limité de malades (phase 2) afin de vérifier que les observations expérimentales réalisées sur les souris sont également valides pour l'homme.

Il faut rappeler que de nombreuses molécules échouent en phase 2, en particulier parce que les résultats probants qui avaient pu être obtenus sur des animaux ne fonctionnent pas aussi bien sur les êtres humains.

 

Bref, une période d'expérimentation pour un candidat médicament va commencer qui, au pire, s'arrêtera dans quelques mois sur un constat d'inefficacité voire de nocivité et qui, au mieux, durera plusieurs années avec des résultats intéressants et de nouvelles pistes de recherches pour améliorer la molécule et la façon dont elle sera administrée aux malades.

 

Il est intéressant de noter que, si une telle molécule devait réussir, elle permettrait de prendre la maladie d'Alzheimer à son origine et donc de limiter drastiquement, voire d'éliminer, les problèmes cognitifs des malades. Avec un tel traitement, les malades seraient soignées à long terme, sans développer les symptômes de la maladie.

Seul l'avenir pourra dire ce qu'il en sera exactement et cela prendra encore plusieurs années.

 

 

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18 janvier 2011 2 18 /01 /janvier /2011 15:29

 

 

Jardin-Alzheimer.jpgLe plaisir de la nature

Nous apprécions, pour la plupart d'entre nous, d'avoir un jardin. Cela peut être un jardin d'agrément où nous pouvons admirer les fleurs, les plantes, leur variété, leur agencement... Cela peut-être un potager où nous pouvons apprécier de travailler et de récolter, de cultiver et faire pousser nous-mêmes des légumes et autres fruits dont la qualité nous sera sûre et le goût incomparable... Cela peut être un balcon équipé de jardinières ou même, un jardin intérieur avec des pots adroitement agencés pour former un relief de verdures et de couleurs...

 

Une reconnexion avec l'éternité

Il se trouve que de nombreux malades sont également dans la même situation que nous et qu'ils apprécient particulièrement la grande famille des espaces verts et les activités utiles à leur entretien, à leur maintien en excellent état.

Nombreux sont nos anciens qui ont vu leurs parents jardiner, entretenir des fleurs, et même, bien sûr, le faire eux-mêmes et souvent depuis des âges très jeunes. En effet, ils sont nés dans un environnement, en général, beaucoup plus rural que le nôtre dans lequel ils étaient souvent impliqués pour la conduite de cultures maraichères et même souvent, de cultures d'agrément.

 

La connexion avec la nature, avec le jardinage est alors un trait profondément – car très anciennement – ancré en eux qui va leur permettre, par toutes sortes de petits liens de renouer avec leur passé, celui de leurs aïeux, celui de leur enfance et souvent celui de leurs années de plénitude. Le jardinage, même à petite échelle, va également pouvoir être une sorte de thérapie par l'art, par une activité manuelle connectée aux ressources profondément imprimées dans la mémoire du malade.

Il est d'ailleurs de nombreux témoignages rapportant le calme et le plaisir que des malades peuvent trouver dans l'entretien d'un espace vert seul ou avec l'aide d'un proche.

 

Comment procéder ?

  • Il convient tout d'abord de veiller à supprimer tous les éléments pouvant entraîner des risques pour le malade en fonction de ses capacités : risques de coupure, de chute (en particulier sur les bordures des massifs, par dessus la rambarde du balcon, par une fenêtre...), risque de fugue (le cas échéant)... Il pourra être utile de se procurer des instruments de jardinage sans danger (pas de pointes, pas d'éléments très tranchants..) et faciles à manier sans pour autant qu'ils apparaissent comme des jouets.

  • Il convient d'équiper le malade de vêtements adaptés au temps et à l'état du jardin (chapeau, manches longues, bottes, imperméables, vêtements chauds ou non...) car il sera souvent peu capable de décider lui-même ce dont il a besoin pour être correctement protégé des intempéries ou du grand soleil.

  • Il convient ensuite d'accompagner le malade dans les premières explorations qu'il fera dans le jardin afin d'observer ce qui l'intéresse (enlever les mauvaises herbes, aérer les massifs, biner les pieds de plantes, confectionner des bouquets, cueillir des baies et des fruits, arroser les plantes, planter des radis...) et lui faciliter les activités en question.

  • En fonction de l'état du malade et des conditions de sécurité existante, il pourra être possible de le laisser œuvrer seul ou sous surveillance plus ou moins rapprochée ou d'agir avec lui en s'adaptant à ses besoins. Les activités solitaires ou accompagnées pourront d'ailleurs être alternées pour varier les périodes et allonger la durée d'occupation journalière que le jardin (le balcon, le coin verdure) peut représenter.

 

Bonnes activités jardinières et maraichères...

 

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