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15 avril 2014 2 15 /04 /avril /2014 14:06

 

Un métal à double visage

MercureOn sait depuis très longtemps que le mercure est un produit dangereux pour les êtres vivants qu'il empoisonne plus ou moins lentement entraînant des troubles divers : rein, système nerveux, système cardiovasculaire, système immunitaire, enfants à naître... Beaucoup d'entre nous ont d'ailleurs vu les photos des ravages entraînés chez les enfants japonais de Minamata dont les mères avaient consommé du poisson chargé en mercure...

Pour autant, le mercure, à faible dose, est connu depuis des siècles pour avoir des vertus médicales et il est utilisé dans la lutte contre les infections depuis l'antiquité et contre la syphilis depuis le XVI° s. Remède dangereux, puisque l'on soupçonne que la belle Agnès Sorel, la bonne amie du roi Charles VII, à la fin de la guerre de cent ans (XV° s), est morte empoisonnée suite à une absorption trop massive de mercure.

Bref, comme pour le bon vin, si tout le monde admet que le mercure à haute dose est un danger majeur (la réglementation a sévèrement réglementé voire interdit un certain nombre d'applications du mercure dans la vie courante), les avis sont plus partagés pour les faibles doses. On trouve encore actuellement en pharmacie des médicaments antiseptiques à base de mercure et de nombreux « plombages » dentaires contiennent un pourcentage de mercure.

 

De nouvelles controverses

Depuis quelques années, une nouvelle controverse est apparue insistant sur les effets à très long terme du mercure à faible dose sur la santé mentale des consommateurs et des patients. Dans un premier temps, seules quelques sources disparates, notamment une étude de 1997 dite de Tübingen (du nom d'une ville allemande), ont tenté de remettre en cause le consensus. Dès leur émergence, quelques groupes d'activistes se sont lancés dans la bataille pour remettre en cause l'ordre établi et les institutions, qui attendaient des éléments plus assurés avant de prendre position de manière officielle et définitive. L'étude de Tübingen n'a en effet pas été publiée dans une revue de référence en matière de sciences médicales et elle n'a donc pas fait l'objet d'une analyse serrée quand à la validité du protocole mis en oeuvre. Pourquoi remettre en cause ce qui est admis, si, pour les faibles doses, les premières nouvelles alarmistes ne sont pas confirmées dans les mois ou les années qui suivent. Le cas s'est déjà produit avec l'aluminium soupçonné d'être une cause majeure d'Alzheimer dans les années 1980 et largement relativisé depuis.

 

Des positions officielles

Pour autant, au cours des dernières dix années, les positions officielles ont évolué progressivement avec la prise de position du Programme des Nations Unies pour l'Environnement (PNUE) – qui concluait à l'impact du mercure sur la santé humaine et à la nécessité de mettre en place des actions internationales – , celle de l'Union Européenne en 2004 (bannissement progressif du mercure dans les applications industrielles et domestiques), celles du Conseil de l'Europe (la dernière en 2011) promouvant, entre autres, l'interdiction pure et simple des amalgames dentaires.

 

Évolutions

Même si les intérêts commerciaux des différents fabricants de prothèses dentaires ne facilitent pas la compréhension du dossier, il apparaît que les amalgames utilisant le mercure sont voués à disparaître à terme, même s'ils ne sont qu'un facteur d'aggravation de l'environnement du cerveau parmi tant d'autres. Mais l'on sait que pour la majorité de la population, la maladie d'Alzheimer est liée à une accumulation de facteurs défavorables. Dans ce fait, il est parfaitement raisonnable d'être prudent dans ce domaine.

 

Conséquences

Sans être naïf (les produits de remplacement des amalgames au mercure engendrent d'autres inconvénients moins médiatisés à l'heure actuelle), il convient de rester relativement prudent quant aux mesures à prendre. L'enlèvement des plombages dentaires n'est pas une opération anodine et sans risque dans la mesure où elle s'accompagne de productions de petits morceaux et d'une émission relativement forte de vapeur de mercure.

S'il convient alors d'éviter les plombages au mercure pour les plus jeunes, il est inutile de se précipiter chez son dentiste pour faire enlever tous les amalgames que l'on a en bouche, l'éradication des plombages en place n'est donc certainement pas à envisager de manière systématique. On pourra par contre les faire remplacer de manière opportuniste au fur et à mesure de leur vieillissement naturel.

Il convient enfin de rappeler que la prévention vaut beaucoup mieux que toute réparation et qu'une excellente hygiène buccale est le meilleur moyen d'éviter toute prothèse dentaire. A cet effet, les brosses à dent électriques à tête rotative sont les instruments les plus efficaces pour protéger sa dentition en les utilisant après chaque repas et au moins deux fois par jour.

 

 

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12 octobre 2011 3 12 /10 /octobre /2011 14:04

 

 

Seringue.jpgRisques mentaux de l'anesthésie

Tout le monde connaît des personnes qui leur ont raconté qu'un de leurs parents, après une opération chirurgicale ayant nécessité une anesthésie, n'était plus le même, qu'il avait beaucoup diminué mentalement. Il est même possible que vous ayez vous-même été touché de près par ce genre d'« accident ». Les troubles se manifestent le plus souvent par un ensemble de symptômes touchant les domaines suivants : orientation, mémorisation, calcul et attention, langage parlé et écrit...

 

Le point sur les données biologiques

Une nouvelle étude publiée en octobre 2011 dans la revue « Anesthesiology » indique que les anesthésies et les opérations entraînent une augmentation de la concentration des biomarqueurs de la maladie d'Alzheimer chez les patients concernés. Le mécanisme serait lié à l'inflammation neurologique qui suit ce type d'interventions. Les modalités d'anesthésie joueraient un rôle important dans l'ampleur de l'inflammation.

 

La Haute Autorité de santé indique d'ailleurs précisément que les anesthésies générales et les interventions chirurgicales sont des facteurs déclenchants de la confusion chez la personne âgée.

 

Conscients de cela, les spécialistes de l'anesthésie répondent qu'il convient de distinguer la confusion à court terme et la confusion à long terme. Ils mettent très justement en avant que, si après l'intervention, la confusion chez un certain nombre de personnes soignées augmente, ce n'est pas le cas de toutes les personnes. Ils mettent également en avant le fait que pour un nombre important de personnes atteintes de confusion, les troubles seront passagers et disparaitront au bout de quelque temps. Ils distinguent aussi les types d'opérations chirurgicales entre, notamment, les interventions cardiaques, engendrant plus de risques, et les autres opérations qui entraînent, quand c'est le cas, des confusions temporaires. En outre, ils séparent les différents modes d'anesthésie et notamment les anesthésies générales et les anesthésies loco-régionales...

Enfin, ils attirent l'attention sur le fait que plus la personne est âgée, plus le risque de confusion post-anesthésie est élevé.

 

Voyons tout ceci plus en détail.

 

L'étude de 2011

Il faut indiquer d'une part que cette étude est la première qui arrive à la constation d'une augmentation des biomarqueurs de la maladie d'Alzheimer et d'autre part qu'elle a été réalisée sur un très petit échantillon de patients. Sa force probante est, dans l'absolu, limitée. Néanmoins, elle vient confirmer un faisceau d'indices pré-existants et ouvre la voie à de nouvelles recherches sur les meilleures façons de conduire les anesthésies et les opérations, recherches qui n'aboutiront pas dans l'immédiat.

 

La Haute Autorité de Santé (HAS)

L'anesthésie est un des très nombreux facteurs déclenchants de confusion (la HAS en recense plus d'une trentaine). C'est loin d'être le seul facteur et il peut souvent se produire que d'autres facteurs, moins visibles souvent, arrivent en même temps qu'une anesthésie. Tous ces facteurs conjugueront leurs effets pour aggraver la confusion.

 

Confusion à court et à moyen terme

Il convient de noter que lors d'études réalisées sur près de 3.000 patients, on a démontré que si des troubles confusionnels existaient chez beaucoup de patients (un quart des patients dans la semaine qui suit l'anesthésie), les capacités rentraient dans l'ordre progressivement (10% de trouble après trois mois et 1% après 2 ans). Certes, les problèmes peuvent être durables (ils ne sont pas systématiques puisque les trois quarts des patients ne sont pas touchés) mais, chez des personnes en santé mentale correcte, ils disparaissent progressivement.

L'anesthésie peut par contre être un révélateur de troubles qui étaient latents et qui n'avaient pas été diagnostiqués jusque là et les observateurs attribueront à l'intervention les problèmes qui, de toute façon, seraient intervenus un peu plus tard.

 

Interventions cardiaques

Pour des raisons non totalement explicitées (fibrillation, intervention sur les valves, antécédents d'accidents vasculaires cérébraux, fièvre, âge, oxygénation...), les interventions cardiaques entraînent des risques de confusion beaucoup plus importants que les autres opérations chez les patients concernés. Elles nécessitent des précautions particulières sans pour autant garantir une parfaite inocuïté.

 

Types d'anesthésie

Si on sait que les anesthésies générales entraînent des troubles confusionnels, la plupart du temps transitoires, il n'apparaît pas d'avantage particulier à effectuer des rachianesthésies (injection directe d'anesthésiant dans le liquide baignant la moelle épinière) par rapport aux anesthésies générales.

Par contre, il semble que les anesthésies loco-régionales (anesthésie locale d'un territoire desservi par un ou plusieurs nerfs), qui présentent l'avantage de ne pas (ou beaucoup moins) concerner le système nerveux central, entraînent moins de troubles confusionnels, en tout cas à court terme.

Il semble également, mais cela ne fait pas l'unanimité, que les interventions courtes aient moins d'impact.

Il apparaît surtout que les interventions ambulatoires soient considérablement moins agressives (quasiment aucun impact selon certaines études) sur le plan de la confusion que les interventions nécessitant une hospitalisation.

 

Que faire, alors ?

Si une intervention est nécessaire, il vaut mieux la faire rapidement plutôt qu'attendre quelques années plus tard quand la personne sera plus âgée et plus fragile, puisque l'âge est un facteur déterminant.

Il convient de préférer les interventions ambulatoires aux hospitalisations complètes et les anesthésies loco-régionales aux anesthésies générales.

Il faut aussi se rappeler que, chez une personne en bonne santé mentale, les symptômes de confusion disparaîtront progressivement, dans la plupart des cas, avec le temps et que cela peut prendre plusieurs semaines et parfois plusieurs mois. Un accompagnement du patient peut être nécessaire et utile pour accélérer le retour à l'équilibre.

Il faut enfin savoir que l'anesthésie risque d'être un révélateur chez une personne atteinte de la maladie d'Alzheimer et que la confusion liée à l'intervention ne fera que précéder un déclin lié à la maladie.

 

Là encore, la nature ne nous a pas tous faits égaux et ce qui n'entraînera aucun trouble chez certains anesthésiés pourra amener des difficultés importantes chez d'autres...

 

 

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4 octobre 2011 2 04 /10 /octobre /2011 11:33

 

Soleil.jpgImportance générale de la vitamine D

On savait depuis longtemps le rôle important de la vitamine D dans le métabolisme.

 

On sait notamment qu'elle est indispensable pour garantir la solidité du squelette en association avec le calcium qu'elle aide à fixer dans les os au cours de la permanente reconstruction de ceux-ci au cours du temps. Le rôle de la vitamine D dans la lutte contre l'ostéoporose ne pose aucun doute à la communauté médicale (efficacité certaine).

 

On sait également, même si les preuves ne sont pas encore aussi puissantes, que la vitamine D est un facteur de prévention de certains cancers, et plus particulièrement du cancer colorectal (efficacité probable).

 

On pense également que la vitamine D peut avoir un effet positif dans la prévention du diabète, les troubles cardiovasculaires, le bon fonctionnement du système immunitaire.

 

Des études récentes concernant Alzheimer

Des études récentes semblent également montrer que la vitamine D pourrait avoir un effet favorable dans l'élimination de la plaque amyloïde, plaques dont on sait qu'elles s'accumulent progressivement dans le cerveau des personnes touchées par la maladie d'Alzheimer.

Une étude japonaise publiée en 2011 et réalisée avec des souris a confirmé qu'un taux de vitamine D suffisamment important dans le sang permettait l'élimination des plaques.

Or ceci avait déjà été observé auparavant dans une étude publiée en 2009 et réalisée sur l'homme où une association de curcuma (une épice orientale) et de vitamine D permettait de stimuler favorablement le système immunitaire des patients.

 

D'où l'importance de bénéficier d'une dose suffisante de vitamine D tous les jours.

 

Comment faire ?

Trois voies d'absorption sont possibles : le soleil, l'alimentation et la pharmacie.

  • Sous nos latitudes, il suffit d'une exposition (mains, avant-bras, visage) au soleil en fin de matinée de 10 à 20 mn au moins 3 fois par semaine pour qu'un adulte à la peau blanche et en bonne santé produise l'essentiel (80 à 90%) des besoins journaliers en vitamine D d'avril à octobre.

  • L'alimentation constitue une seconde source naturelle de vitamine D. On se souvient des séances de consommation d'huile de foie de morue que l'on nous faisait subir voici quelques dizaines d'années et qui étaient destinées à prévenir le rachitisme, un autre trouble lié au manque de vitamine D. Il n'est pas forcément nécessaire d'en arriver là, puisque l'on trouve de la vitamine D en quantité importante dans le saumon (15 à 20 microgrammes/100 g), le hareng (5 microgrammes/100 g), la truite (5 microgrammes/100 g), les laitages (1 microgramme/100 g) et le soja...

  • Enfin, il existe des suppléments alimentaires vendus en pharmacie sous forme de granulés ou sous forme de gouttes qui permettent de compléter facilement les apports naturels. La forme liquide (goutte), plus facile à assimiler par le système digestif, est à privilégier pour les personnes âgées.

 

Il existe une dose maximale de vitamine D (25 microgrammes) qu'il vaut mieux éviter de dépasser sous peine de légers malaises passagers. Mais cette dose est très élevée par rapport aux besoins courants (5 microgrammes par jour selon les recommandations françaises, 20 microgrammes par jour pour les personnes de plus de 70 ans selon les recommandations canadiennes).

 

Conclusion

Certes, quand la maladie est déjà diagnostiquée, il est souvent bien tard. Toutefois, il serait regrettable de se priver d'une molécule qui peut avoir un impact favorable tant en terme de prévention qu'en terme de soin et qui participe à la bonne santé générale de tout être humain.

 

Bref, à petite dose, le soleil reste un ami, même s'il ne faut pas en abuser...

 

 

 

 

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16 novembre 2010 2 16 /11 /novembre /2010 16:34

 

 

ined.gifUne synthèse des études (assez) récentes

L'INED (Institut National d’Études Démographiques) a publié au mois de juin 2010 une étude sur les accidents et les violences corporelles chez les personnes âgées qui relativise les craintes et les peurs que l'on peut avoir quant à l'origine des blessures de nos aînés. Il ne s'agit pas d'une étude spécifique sur les personnes atteintes de la maladie d'Alzheimer mais sur les risques que courent toutes les personnes de plus de 65 ans dans leur vie courante. Cette étude a été réalisée à partir de différentes analyses et publications publiées au cours des dernières années (2002 à 2008) par des organismes spécialisés :

  • Institut de Veille Sanitaire pour les accidents de la vie courante,

  • l’Institut national de recherche sur les transports et leur sécurité pour les accidents de la route,

  • Direction de la recherche, des études et de l’évaluation et des statistiques du ministère de la Santé pour les tentatives de suicide,

  • Insee pour les agressions physiques.

 

Accidents de la vie courante

Il apparaît ainsi que les accidents de la vie courante sont considérablement plus nombreux que tous les autres risques réunis puisqu'ils représentent 80% environ de tous les risques analysés dans l'article. Les risques principaux (80%) sont dus aux chutes des personnes âgées chez elle, près de chez elle ou dans la rue... qui sont les conséquences des déficits sensoriels, des logements inadaptés, voire de conduites à risques (sédentarité, médicaments, alcool...) des plus de 65 ans.

Compte tenu de la fragilité de bon nombre de personnes (très) âgées, les petits accidents peuvent avoir des conséquences lourdes en terme de blessures, d'hospitalisation... voire pire.

Il convient de noter que tous les ans, 6% des personnes âgées de plus de 65 ans (4% chez les hommes et presque 7% chez les femmes) se blessent dans des accidents de la vie courante, autant dire que, sur une dizaine d'années, le risque de se blesser est très important pour toute personne âgée, a fortiori pour un malade d'Alzheimer dont les capacités physiques, sensorielles et intellectuelles sont singulièrement diminuées...

 

Accidents de la route

Si les accidents d'automobile entraînent des blessures plus graves chez les personnes âgées que chez les plus jeunes, ce sont les piétons âgées qui payent un tribut particulièrement élevé à la circulation :

  • alors que pour les moins de 65 ans, les accidents de piétons représentent 12% de tous les accidents de la circulation,

  • pour les plus de 65 ans, les accidents de piétons représentent 38% de tous les accidents de la circulation...

Cela signifie d'une part que les conditions de circulation des piétons âgées sont très mal adaptées et d'autre part que les ces mêmes piétons âgées doivent redoubler de prudence dans un monde difficile pour eux...

Il convient également de noter que les hommes et les femmes sont très « inégaux » devant les accidents de la route : si 2% des femmes blessées ou accidentées le sont par des accidents de la route, le taux monte à 8% pour les hommes. Il faut croire qu'ils prennent beaucoup plus de risques que les dames soit en conduisant dans des circonstances plus délicates, soit en circulant beaucoup plus...

 

Agressions

Si les tentatives de suicides représentent 1% seulement de tous les accidents recensés, les agressions par des tiers représentent la deuxième cause de blessures. Pour autant, hommes et femmes sont loin d'être « égaux » là encore puisque les agressions représentent 11% des blessures chez les femmes et 21% chez les hommes. Il faut néanmoins indiquer que, dans un très nombre de cas, les violences physiques interviennent à l'occasion de bagarres entre personnes qui, très souvent, se connaissent : au sein de la famille, avec des amis ou plutôt des relations, dans des conflits de voisinage... Autrement dit, la proportion de blessures liées à des violences par des inconnus gratuitement ou pour des vols est beaucoup plus faible que ce que l'on imagine souvent, même si ces violences existent.

En outre, il est important d'indiquer que les personnes âgées sont nettement moins sujettes à des agressions que le reste de la population :

  • environ 1% des personnes de plus de 60 ans sont victimes d'agressions annuellement contre près de 8% des 14-24 ans,

  • 4% des 25-39 ans

  • et 2 à 3% des 40-59 ans.

     

Le sang est beaucoup plus chaud chez les jeunes générations que chez les aînés...

 

 

Mesures à prendre : vision, rangement, ouïe...

Ainsi donc, la crainte des agressions qui hante très souvent les personnes âgées et leurs familles, sont à relativiser très fortement, même si elles existent et si elles sont trop nombreuses. Pour protéger les personnes de plus de soixante ans et, a fortiori, les malades d'Alzheimer, il est donc très important de faire porter l'accent sur leur sécurité à domicile et dans les déplacements à pied pour leur éviter de tomber ou d'être renversés :

 

  • A cet égard, une bonne vision est une condition indispensable à la sécurité des marcheurs à la fois pour voir les obstacles et pour éviter les véhicules.

  • Il convient également de faire attention à tout ce qui peut entraîner des chutes à domicile et sur les parcours habituels des personnes concernées.

  • Une bonne audition (oreilles débouchées car la cire devient plus compacte avec l'âge, audioprothèses si nécessaire) complèteront ces mesures de base.

 

D'autres mesures facilitant les déplacements pourront bien sûr être prises, comme l'équipement de poignées de maintien, l'éclairage des pièces sombres, etc... Il en a déjà été fait mention par ailleurs.

 

 

 

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2 juin 2010 3 02 /06 /juin /2010 12:03

 

 

 

Du 26 au 28 avril 2010 a eu lieu aux Etats-Unis, à Bethesda dans le Maryland, une conférence de consensus sur la « Prévention de la maladie d'Alzheimer et du déclin cognitif ». Cette conférence a été organisée par le gouvernement américain (Institut National de la Santé : NIH). Il en est résulté un rapport « indépendant » (il ne reflète pas la position du gouvernement américain) rédigé par un groupe de professionnels de la santé et de représentants de la société fondé sur la littérature scientifique disponible au début de l'année 2010.

 

 

Les conclusions de ce rapport, très mesurées, sont les suivantes :

  • « Au cours des 20 dernières années, des études nombreuses, ont fourni des indications importantes sur la nature de la maladie d'Alzheimer, sur le déclin cognitif et sur l'ampleur du problème. Néanmoins, ces maladies restent un important et redoutable défi pour la recherche, en particulier dans le domaine de la prévention. Il existe de nombreuses études en cours ou en préparation qui peuvent offrir de nouvelles perspectives prometteuses en ce qui concerne les causes et la prévention de ces maladies.

  • Le déclin cognitif et la maladie d'Alzheimer sont des causes majeures de morbidité et de mortalité dans le monde. Ils représentent une lourde charge non seulement pour les personnes concernées, mais aussi pour leurs soignants et pour la société en général.

  • Des conclusions définitives ne peuvent pas être affirmées sur l'association entre des facteurs de risque modifiables d'une part, le déclin cognitif ou la maladie d'Alzheimer d'autre part.

  • Il n'existe pas de critères consensuels de haute fiabilité pour le diagnostic du déclin cognitif, des troubles cognitifs légers et de la maladie d'Alzheimer, et les critères disponibles n'ont pas été appliquées de manière uniforme.

  • Il y n'y a pas suffisamment de preuves pour appuyer l'utilisation d'agents pharmaceutiques ou de compléments alimentaires pour prévenir le déclin cognitif ou la maladie d'Alzheimer. Toutefois, des études supplémentaires en cours, incluant (mais sans s'y limiter) les médicaments antihypertenseurs, les acides gras oméga-3 , l'activité physique et l'activité cognitive peuvent apporter de nouvelles perspectives en matière de prévention ou de retardement du déclin cognitif ou de la maladie d'Alzheimer.

  • Des études de population à grande échelle et des Essais Contrôlés Randomisés sont absolument nécessaires pour investiguer les stratégies visant à maintenir les fonctions cognitives chez les personnes à risque de déclin, pour identifier les facteurs qui peuvent retarder l'apparition de la maladie d'Alzheimer chez les personnes à risque, et pour identifier les facteurs qui peuvent ralentir la progression de la maladie d'Alzheimer chez les personnes déjà diagnostiquées avec la maladie. »

 

Il est important de rappeler un certain nombre de points :

  • Le volume des études médicales consacrées aux maladies cardiovasculaires et aux cancers au cours du XX° siècle, et en particulier au cours de la deuxième moitié du XX° siècle, a été très important, beaucoup plus important que celui consacré aux démences en général et à la maladie d'Alzheimer en particulier. La médecine s'est en effet d'abord préoccupé de soigner les maladies qui touchaient, à l'époque, un plus grand nombre de personnes et de personnes jeunes.

  • En matière de médecine et de biologie, on distingue différents niveaux de preuves en matière d'association entre un facteur causal (comportement ou polluant par exemple) et une conséquence morbide (maladie par exemple). Ainsi, le Centre International de Recherche sur le Cancer (CIRC qui dépend de l'OMS) distingue différents niveaux de preuves sur les liens existants entre un facteur de risque (cancérogène) et le cancer pour les êtres humains : cancérogène, probablement cancérogène, possiblement cancérogène, inclassable, probablement non cancérogène. Cette classification est faite en fonction des études disponibles au moment où une synthèse est faite en tenant compte des études réalisées sur l'homme, des études réalisées sur les animaux, ainsi que d'autres études biologiques disponibles. Dans le cas de l'étude réalisée par le NIH sur la maladie d'Alzheimer, seules les études disponibles pour l'homme ont été prises en compte.

  • L'étude du NIH distingue différents facteurs favorisant la maladie d'Alzheimer.

    • Pour certains, elle indique que le degré de qualité des preuves est insuffisant (diabète, cholestérol, dépression, régime alimentaire avec peu de graisses saturées et beaucoup de fruits et légumes, médication comme l'utilisation de statines, consommation limitée d'alcool, style de vie, acide folique, tabagisme, ne jamais avoir été marié, avoir un faible soutien social...). Il s'agit donc de facteurs clairement identifiés comme ayant une influence sur la maladie d'Alzheimer mais pour lesquels il est souhaitable d'avoir des informations plus structurées.

    • Pour les autres facteurs, l'étude du NIH indique que les preuves consistantes d'association n'ont pas été trouvées (autres vitamines, acides gras, syndrome métabolique, tension artérielle, homocystéïne du plasma, obésité et Indice de Masse Corporelle (IMC), médications antihypertensives, Anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS), stéroïdes sexuels, solvants, champs électromagnétiques, plomb ou aluminium. Il s'agirait alors de facteurs qui sont peut-être non significatifs pour la maladie d'Alzheimer, compte tenu des connaissances actuelles, en tout cas qui semblent avoir un impact moins fort que les facteurs de l'alinéa précédent.

  • Il est à noter que l'étude du NIH mentionne de manière très claire (chapitre 2 : Quels facteurs sont associés avec la réduction du risque de déclin cognitif chez les personnes âgées ? - Paragraphe : Limitations) que le déficit en oméga-3, les facteurs de risque cardiovasculaire (en particulier une tension artérielle élevée), le syndrome métabolique, la dépression et les symptômes dépressifs, la perte de son conjoint, le manque d'activités physiques, le manque d'activités sociales (participation à des groupes, activités religieuses, peinture, jardinage...), le tabagisme, certains facteurs génétiques sont les facteurs les plus évidents de déclin cognitif (il s'agit d'autre chose que la maladie d'Alzheimer), même si les preuves sont encore insuffisamment établies.

 

 

Conclusions :

Il est important de noter que l'étude du NIH mentionne la plupart des facteurs de risque connus et mentionnés dans la littérature scientifique et repris ici (alzheimer.over-blog.fr) comme étant effectivement des facteurs de risque de la maladie d'Alzheimer ou de déclin cognitif. L'étude du NIH indique simplement que le niveau de qualité des preuves actuellement disponibles n'est pas du plus haut niveau possible. Elle appelle donc à un approfondissement des recherches pour lancer des études populationnelles à grande échelle et des études aléatoires dans la plus stricte orthodoxie scientifique.

L'intérêt de telles études est qu'elles permettront de passer d'un savoir qualitatif (on sait dans les grandes lignes quels sont les facteurs protecteurs et quels sont les facteurs de risque) à un savoir beaucoup mieux quantifié : connaître beaucoup plus précisément quels sont les poids relatifs des différents facteurs de risque connus. Ces études permettront d'affiner les connaissances déjà accumulées sans pour autant les bouleverser.

Cette conférence est donc, en fait, un appel majeur de la part des participants à un approfondissement de la recherche, à une meilleure coordination et donc, de manière indirecte, à une augmentation des fonds consacrés à la maladie d'Alzheimer afin que le degré de qualité des connaissances progresse significativement.

Concrètement, à partir de là, deux positions sont possibles. La première consiste à attendre les résultats des futures études quantitatives lourdes qui seront menées et qui ne paraîtront pas avant plusieurs années. La seconde consiste à se rappeler que les grands facteurs de risques et de protection sont déjà connus de manière qualitative et qu'il est temps de mener une vie plus saine pour bénéficier de toutes ses compétences intellectuelles durant toute sa vie terrestre.

 

 

 

 

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18 avril 2010 7 18 /04 /avril /2010 09:13

 

Le cerveau a la capacité de changer d'améliorer son fonctionnement à tout âge y compris à 70 ans et au-delà, s'il est en bon état physiologique (ce qui n'est pas le cas d'un malade d'Alzheimer à un stade avancé). Cela signifie qu'il est non seulement possible de maintenir les connexions existantes entre les neurones, mais qu'il est également possible de créer de nouvelles connexions.

 

En terme de prévention, si le maintien des liaisons entre neurones est importante, la création de nouvelles connexions est cruciale car elle stimule la plasticité du cerveau et contribue de manière décisive à compenser les pertes neuronales que l'on peut avoir pour différentes raisons. C'est d'ailleurs pourquoi les scientifiques ont prouvé que les personnes ayant un haut niveau d'éducation scolaire sont moins sujets à la maladie d'Alzheimer. Certes, en fonction de leur mode de vie et de leur terrain biologique, ils peuvent être touchés par Alzheimer, mais, toutes choses égales par ailleurs, ils sont touchés plus tardivement et la maladie évolue souvent plus rapidement chez eux. Il semblerait que malades « intellectuels » utilisent mieux les ressources neuronales qui leur restent que les autres malades.

 

Au plan biologique, des expériences récentes, publiées en 2010, ont montré que l'apprentissage de nouvelles compétences, en étant confronté à des environnements inhabituels, favorisaient la production d'une molécule appelée BNDF (Facteur neurotrophique dérivé du cerveau). Or cette molécule a un effet extrêmement puissant de protection et de développement des neurones. Ses effets sont puissants aussi bien dans l'hippocampe que dans le cortex cérébral. Or il s'agit des régions du cerveau qui sont les premières affectées par la maladie d'Alzheimer. Bref, l'apprentissage apparaît comme un facteur important de prévention, voire de ralentissement, de la maladie d'Alzheimer.

 

Que peut-on faire alors pour favoriser la prévention par la stimulation intellectuelle ?

La lecture est une première étape, mais elle ne fait que maintenir les connexions existantes. Il en va de même pour de nombreux jeux intellectuels à partir du moment où on les maîtrise. Il convient en fait de passer à de nouveaux apprentissages : apprendre à jouer d'un instrument de musique, suivre activement des cours à l'université et réaliser les devoirs et exercices nécessaires à la maîtrise de la matière étudiée, travailler à temps partiel dans des activités totalement nouvelles et que l'on ne maîtrise pas... Bref, il s'agit d'acquérir de nouvelles façons de penser, de nouvelles façons d'utiliser son cerveau, de se confronter à des matières que l'on ne maîtrise pas, qui parfois font peur parce qu'elles ne sont pas familières et que l'on va découvrir progressivement. Il ne s'agit pas là du devoir de prouver que l'on est excellent, il s'agit de se donner le droit d'explorer et d'apprécier des domaines de savoir et de savoir-faire totalement nouveaux...

A cela, on pourra également ajouter d'autres disciplines à cheval sur les domaines intellectuel et physique comme l'apprentissage de nouvelles danses, de la jonglerie, du cyclisme, voire du funambulisme (si l'on ose s'y lancer). Ces disciplines, outres les avantages en matière de prévention d'Alzheimer qu'elles procurent sur le plan physique, stimulent l'oreille interne, donc le sens de l'équilibre et permettront de limiter les risques de chute et les vertiges chez le pratiquant. 

Le tutorat, d'après des études récentes, est également une excellente activité préventive : il a été démontré qu'aider un enfant à faire ses devoirs, à comprendre ses leçons avait un impact préventif certain, vraisemblablement parce qu'à l'activité intellectuelle nécessaire s'ajoutent des relations sociales gratifiantes.

Enfin, un sommeil suffisant et de bonne qualité apportera une meilleure mémorisation à long terme de ce que nous apprenons chaque jour.

 

 

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16 avril 2010 5 16 /04 /avril /2010 12:27

 

 

La prévention de la maladie d'Alzheimer est en train d'acquérir ses lettres de noblesse. Ainsi, aux États-Unis, l'Institut de Recherche en Neurosciences de l'Université de Californie à Santa Barbara vient de lancer (courant 2009) un nouveau programme appelé CFIT (Forme cognitive et thérapies innovantes).

 

Les participants au programme, qui ont entre 50 et 80 ans, viennent une fois par semaine au centre d'accueil CFIT. Lors de leur première visite, une évaluation scientifique de leur acuité intellectuelle est réalisée qui est ensuite répétée tous les six mois avant d'en vérifier l'évolution. Le centre leur propose ensuite un programme de prévention personnalisé basé sur une combinaison d'exercice physique, de régime alimentaire, de défis cognitifs, de thérapie musicale et de relations sociales. Les participants payent un droit de 4000$ par an, qui vient compléter les donations reçues par l'Université (1 million de dollars) pour cette action.

 

Au plan diététique, le régime est basé sur la nourriture de style méditerranéen. En outre, les patients bénéficient d'un suivi cardiovasculaire (pression artérielle et cholestérolémie). Sur le plan des relations sociales, les patients peuvent participer dans le cadre du centre CFIT à des groupes de chants ou à des groupes musicaux ou encore jouer avec d'autres patients à des jeux collectifs (Wii). En outre, ils sont invités à se confronter à des défis intellectuels de difficultés croissantes pour améliorer leurs fonctions cognitives. Par exemple, des jeux de sociétés comme des jeux de carte, Mastermind ou Puissance 4 (qui requièrent des capacités de planification) sont utilisés par les patients. De plus, les patients peuvent également utiliser des logiciels de réflexion à leur domicile.

 

Il apparaît que les patients, qui suivent le programme CFIT, peuvent faire des progrès sur le plan cognitif, y compris à des âges avancés, comme cette patiente de plus de 80 ans qui estime avoir amélioré ses capacités à se souvenir des noms des personnes qu'elle rencontre. Ces impressions, subjectives, sont d'ailleurs confirmés par les évaluations cognitives scientifiques réalisées par le personnel spécialisé du centre. Toutefois, le responsable du programme recommande aux personnes intéressées de commencer dès avant 50 ans.

 

Les résultats objectifs de ces expériences ne seront définitivement probants que dans quelques années, quand le nombre de patients enrôlés et le temps auront permis de valider définitivement les premiers résultats qualitatifs par rapport à des groupes de contrôle ne suivant pas ce programme. Néanmoins, il est d'ores et déjà particulièrement intéressant de noter que la prévention est prise suffisamment au sérieux pour qu'une telle expérience, recommandée par les centres de santé officiels américains (CDC) et l'Association américaine Alzheimer, ait trouvé les financements nécessaires, et pour que le CDC ait décidé de lancer une étude approfondie de toute la littérature scientifique disponible en matière de prévention. Cette étude devrait être publiée courant 2010.

 

En fait, une expérience récente menée par l'Université Columbia de New-York indique qu'il est possible de faire baisser de 40% le risque de développer la maladie d'Alzheimer en consommant plus de salade assaisonnée avec de l'huile d'olive, des noix, du poisson, des tomates, des volailles, des crucifères (comme les brocolis), des fruits, des légumes à feuilles vertes et sombres et en consommant moins de viande rouge, d'abats et de laitages gras.

 

Bref, la prévention de la maladie d'Alzheimer, comme dans toutes les maladies de dégénérescence, à de belles années devant elle... Il convient maintenant d'en faire un art de vivre et non une contrainte. Si l'on se souvient que les recommandations faites (exercice physique, régime méditerranéen, exercice intellectuel, relations sociales) ressemblent parfaitement aux conditions du bonheur qu'avaient définies et adoptées les philosophes Grecs anciens, on pourra estimer que la contrainte est somme toute très agréable. Comme quoi, les sagesses anciennes recèlent encore des atouts majeurs...

 

 

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14 avril 2010 3 14 /04 /avril /2010 18:36

Il arrive parfois que certaines personnes tentent de rassurer les enfants d'un malade d'Alzheimer en leur indiquant qu'il n'y a pas de risque particulier pour eux. Ces personnes indiquent que seules les formes de maladies qui arrivent (relativement) jeunes sont héréditaires.

 

Pourtant, depuis des années, on sait que les enfants de parents touchés par la maladie d'Alzheimer ont eux-mêmes des risques nettement plus élevés de développer la maladie que les enfants de parents non touchés, toutes choses égales par ailleurs (même âge, mêmes comportements, même environnement, mêmes modes de vie...). Les risques seraient de quatre à dix fois élevés si des antécédents familiaux existent.

 

Des études qualitatives récentes menées par des équipes de l'Université Langone de New York (Etats Unis), de l'Université de Turku (Finlande) et du Centre médical Weill Corner de New York ont été publiées le 15 mars 2010 dans une revue scientifique de référence (Proceedings of the National Academy of Sciences, Etats Unis) ainsi que sur le site internet de l'Université Langone. Ces études, réalisées sur un petit échantillon de patients (42 personnes), montrent que le fait d'avoir un parent (père ou mère) souffrant de maladie d'Alzheimer entraîne des risques de développer des volumes de plaques amyloïdes supérieurs à des personnes dont les parents n'ont jamais été diagnostiqués avec la maladie. Il apparaît même que les personnes dont c'est la mère qui avait la maladie d'Alzheimer avaient un risque supérieur aux personnes dont c'est le père qui avait été diagnostiqué. Certes, l'étude est faite sur de très petits échantillons (c'est une étude qualitative). Elle confirme en tout cas les risques familiaux liés à la maladie d'Alzheimer.

 

Pourquoi alors ne pas dire aux enfants des malades ce qui est maintenant clairement établi ? Il s'agit souvent de ne pas affoler l'entourage du malade, dans la mesure où, jusqu'à récemment, la médecine savait peu de choses sur les facteurs de risques et les facteurs protecteurs de la maladie. Or, sur ce point également, les connaissances évoluent rapidement et l'on sait maintenant que certains comportements peuvent être très nettement protecteurs.

 

Un article publié au mois de février 2010 le JAD (Journal of Alzheimer's Disease) par une équipe italienne du CHU de Florence a recensé les différents travaux étudiant le lien entre le régime méditerranéen (alimentation de type méditerranéen) et l'incidence des maladies de dégénérescence (et notamment de la maladie d'Alzheimer). Cet article met en évidence « une association significative entre une meilleure adhésion au régime alimentaire méditerranéen et un risque réduit des maladies dégénératives chroniques majeurs, incluant la maladie d'Alzheimer ».

 

Rappelons que les maladies dégénératives majeures sont les maladies cardiovasculaires (dont l'athérosclérose), les cancers, les démences (dont la maladie d'Alzheimer), l'arthrose, ostéoporose, diabète...

 

Bref, si un ascendant est touché par la maladie d'Alzheimer, il y a tous les risques qu'il nous ait transmis une certaine fragilité : il est alors de notre intérêt de mettre en place tôt dans notre vie les comportements préventifs qui repousseront très fortement la maladie : nourriture méditerranéenne, exercice physique, exercice intellectuel, bonnes relations familiales et sociales...

 

 

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9 avril 2010 5 09 /04 /avril /2010 19:36

Actuellement, la médecine ne sait pas guérir la maladie d'Alzheimer. Les soins et les médicaments disponibles permettent de mieux utiliser, de mieux mobiliser les ressources cognitives du malade afin de lui permettre de mener une vie « autonome » plus longtemps.

 

En fait, quand Alzheimer est diagnostiquée, en général après 70 ans, la maladie est déjà très avancée. Certes, il est vrai que le diagnostic est souvent qualifié de tardif, mais ce n'est pas la raison principale pour laquelle il est très tard, car ce retard de diagnostic se compte en mois ou en semestres. Or quand la maladie se déclare effectivement, c'est qu'elle a commencé depuis une trentaine d'années et a accompli des dégâts considérables dans le cerveau du patient. Certains auteurs indiquent, qu'au moment du diagnostic, le cerveau est déjà atteint à plus de 80%.

 

Les médicaments qui existent vont permettre de mieux faire fonctionner le cerveau du malade (empêcher la destruction d'un neuromédiateur : l'acétylcholine, freiner l'auto-destruction des neurones). Ils n'arrêtent pas la progression de la maladie, c'est-à-dire la destruction des neurones.

 

Pour guérir la maladie, différentes stratégies de recherches médicamenteuses ont été tentées par de très nombreux laboratoires. Pour le moment, si certaines stratégies ont donné des espoirs très importants, aucune ne s'est révélée suffisamment efficace et sûre pour être commercialisée.

 

Compte tenu des délais et des difficultés de la mise au point des médicaments, ce n'est pas avant plusieurs années que l'on commencera à disposer de médicaments qui auront un impact fort sur l'évolution de la maladie. Il est vraisemblable que les premiers médicaments trouvés commenceront à ralentir l'évolution, puis qu'une autre génération de médicaments permettra d'arrêter l'évolution de la maladie. Pour ce qui concerne une guérison, ce qui reviendrait à régénérer la partie du cerveau qui a été détruite avant le diagnostic, les recherches seront encore plus délicates et plus difficiles à mener.

 

Dans l'état actuel de la connaissance, plutôt que de compter guérir Alzheimer :

  • il est urgent de prévenir la maladie (prévention), ce que l'on commence à savoir faire de manière raisonnée,

  • et il est également urgent de la diagnostiquer beaucoup plus tôt.

 

Des diagnostics qui interviendraient plusieurs années avant l'apparition des symptômes permettraient aux personnes touchées de changer leur mode de vie longtemps à l'avance, d'adopter les comportements préventifs qui ont fait leur preuve et de préserver beaucoup plus longtemps le bon fonctionnement de leur cerveau.


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5 avril 2010 1 05 /04 /avril /2010 12:33

Vaincre et prévenir la maladie d'Alzheimer ?

 

Peut-on réellement vaincre ou prévenir la maladie d'Alzheimer ?

La maladie a des origines génétiques et des origines comportementales voire environnementales. On a pu comparer la vie de jumeaux, qui sans connaissances particulières sur la question, avec un patrimoine génétique identique et des modes de vie différents ont développé tous les deux la maladie d'Alzheimer. Le livre « Prévenir » des docteurs Presles et Solano rapporte que si le premier jumeau est décédé de la maladie d'Alzheimer à 75 ans alors que le second a été diagnostiqué à 83 ans. Cela représente un écart de 10 à 15 ans entre les maladies de ces deux jumeaux. Cela démontre que les facteurs non génétiques ont un impact extrêmement puissant sur le cours de la maladie.

Par ailleurs, une femme décédée à l'âge de 115 ans aux Pays-Bas en 2008 au CHU de Groningue alors qu'elle avait un état psychologique d'une femme de 65 ans ne recelait que de très faibles traces biologiques d'atteintes neuronales en raison notamment d'un état cardiovasculaire extrêmement bon.

 

Qui peut vaincre et prévenir Alzheimer ?

Actuellement, la science ne sait pas guérir la maladie d'Alzheimer. Les soins qui sont prodigués sous différentes formes permettent au malade, sans réellement ralentir le cours de la maladie, de mieux vivre l'évolution grâce à un entretien et une meilleure utilisation de l'ensemble des facultés qui lui restent.

S'il est encore impossible d'agir sur les facteurs génétiques de la maladie, il est parfaitement possible d'avoir un impact extrêmement puissant sur les facteurs comportementaux.

Les facteurs comportementaux sur lesquels il est possible d'agir concernent l'ensemble de la population car nous pouvons tous, ou presque, mieux prendre soin de nous. En effet, la grande majorité de la population a des gênes non protecteurs, voire même des gênes défavorables.

 

Quand faut-il prévenir Alzheimer ?

La maladie d'Alzheimer, quand elle est diagnostiquée, a déjà touché une fraction très importante du cerveau (80% selon certains auteurs). Elle évolue de manière catastrophique en quelques années et il n'est pas possible à l'heure actuelle d'en modifier significativement l'évolution. Il est donc trop tard pour infléchir de manière sensible l'évolution.

Avec les comportements courants, les premières traces biologiques, sans symptômes repérables, apparaissent à partir de la quarantaine pour les personnes qui seront touchées vers 75 ans. La maladie met donc 30 à 40 ans à se développer. Un comportement préventif et protecteur aura un effet d'autant plus efficace qu'il sera démarré tôt. Idéalement, il conviendrait de commencer dès la fin de l'adolescence, au moment où les premières traces d'athérosclérose peuvent apparaître. Avant même que les premières traces biologiques de la maladie n'apparaissent (vers 45 ans) il convient vraiment d'agir. Toutefois, à 60 ou 70 ans, il est encore temps et efficace d'agir, il est encore temps de ralentir l'évolution pour la repousser aussi loin que possible.

 

Comment vaincre et prévenir Alzheimer ?

La maladie d'Alzheimer est, entre autres, liée à des problèmes de réparation des cellules nerveuses du cerveau. Il convient donc d'une part d'éviter l'endommagement des cellules nerveuses, d'autre part de favoriser la réparation des cellules nerveuses.

 

Protéger les cellules nerveuses :

Les chocs à la tête, les traumatismes crâniens sont connus pour être des facteurs favorisant les démences en général et Alzheimer en particulier. Il convient donc de protéger en permanence son crâne contre les chocs et d'éviter ceux-ci en particulier dans certains sports de combats ou dans le football.

L'alcool est un solvant organique. Or les cellules nerveuses contiennent une fraction importante de lipides (molécules grasses). L'ivresse est liée à un endommagement temporaire des cellules nerveuses. Il convient donc en toutes circonstances d'éviter l'ivresse et de limiter drastiquement la consommation de boissons alcoolisées. Si vous ne buvez pas d'alcool, ne commencez donc pas et restez abstinent.

Les états inflammatoires, le stress oxydatif endommagent les cellules nerveuses qui y sont soumises et sont des facteurs d'aggravation du risque de maladie d'Alzheimer.

Le diabète et les affections cardiovasculaires, le tabagisme... en endommageant les veines et les artères nuisent aux fonctions de réparation des cellules nerveuses : il convient donc de les traiter le plus efficacement possible et, pour le tabagisme, de refuser de se laisser enfumer car le tabagisme passif entraîne des modifications significatives et néfastes de la composition et de la fluidité du sang.

Le surpoids, notamment un IMC (indice de masse corporelle) supérieur à 25 est néfaste à la santé en général, à la santé cardiovasculaire et au cerveau en particulier. L'IMC se mesure en divisant son poids en kg par le carré de sa taille en mètre : IMC = poids / (taille x taille).

 

Favoriser la réparation des cellules nerveuses

Un des principales mesures pour favoriser la réparation des cellules nerveuses vise à leur apporter les nutriments et matériaux nécessaires à cette réparation. L'ensemble de ces matériaux est transporté dans le sang et pénètre dans le cerveau à travers les parois de minuscules vaisseaux sanguins (veinules et artérioles). L'état de ces vaisseaux sanguins, leur souplesse, leur épaisseur sont donc primordiaux pour que le transfert des matériaux du sang vers les cellules nerveuses se passe efficacement. Il est donc extrêmement important de conserver un système cardiovasculaire en excellent état. Cela est d'ailleurs vrai pour le bon fonctionnement de l'ensemble des organes du corps qui, tous, sont alimentés par le sang.

Un autre facteur favorable est d'avoir une plasticité neuronale élevée, c'est-à-dire d'avoir des cellules nerveuses capables de former de nouvelles liaisons en permanence pour compenser la défaillance de certaines cellules, ce qui peut arriver en toutes circonstances. Cette plasticité neuronale est d'autant plus importante que l'on a l'habitude d'utiliser son cerveau pour découvrir toutes sortes de nouvelles disciplines. Ainsi, les nivaux scolaires élevés, une activité intellectuelle importante et variée, la vie en couple sont des facteurs protecteurs.

Le facteur favorable le plus important sur le plan systémique est d'être heureux dans sa vie. C'est souvent une direction de vie de longue haleine, mais c'est cette direction qui nous permet d'avoir envie de vivre longtemps, de partager son bonheur avec ses proches, sa famille, son entourage et qui nous incite à prendre soin de nous et de notre santé, de prendre les mesures qui feront une différence majeure à long terme.

 

Synthèse prévention

Un article paru dans les annales de Neurologie en 2008 synthétise les recommandations de la manière suivante :

  1. Éviter et se protéger des chocs au cerveau,

  2. Être physiquement et intellectuellement actif,

  3. Éviter le surpoids,

  4. Mangez souvent du poisson (plusieurs fois par semaine, un jour sur deux)

  5. Évitez les graisse néfastes : graisses saturées (graisses solides à température ambiante) et graisses hydrogénées ou trans (graisses industrielles),

  6. Utilisez les graisses et huiles protectrices : huiles végétales telles que Colza, Noix (Oméga 3),

  7. Mangez des fruits et des légumes en quantités, des céréales complètes,

  8. Ne fumez pas et ne vous faites pas enfumer,

  9. Limitez drastiquement l'alcool,

  10. Si vous êtes une femme, le cas échéant, n'utilisez un THS (Traitement Hormonal Substitutif) qu'avec des hormones naturelles et pour un temps limité,

  11. Si vous êtes un homme, envisagez si nécessaire, un traitement de la diminution des hormones masculines,

  12. N'hésitez pas à utiliser des anti-inflammatoires si vous en avez besoin  (notamment en cas de rhumatismes, de douleurs, d'infections banales...),

  13. Vivez en bonne intelligence avec vos pairs et particulièrement, vivez en couple.

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