Qu'est ce que la maladie d'Alzheimer ? Comment la soigner à domicile ? Quelles conséquences pour les proches, la famille ? La vaincre et la prévenir ?
Vaincre et prévenir la maladie d'Alzheimer ?
Peut-on réellement vaincre ou prévenir la maladie d'Alzheimer ?
La maladie a des origines génétiques et des origines comportementales voire environnementales. On a pu comparer la vie de jumeaux, qui sans connaissances particulières sur la question, avec un patrimoine génétique identique et des modes de vie différents ont développé tous les deux la maladie d'Alzheimer. Le livre « Prévenir » des docteurs Presles et Solano rapporte que si le premier jumeau est décédé de la maladie d'Alzheimer à 75 ans alors que le second a été diagnostiqué à 83 ans. Cela représente un écart de 10 à 15 ans entre les maladies de ces deux jumeaux. Cela démontre que les facteurs non génétiques ont un impact extrêmement puissant sur le cours de la maladie.
Par ailleurs, une femme décédée à l'âge de 115 ans aux Pays-Bas en 2008 au CHU de Groningue alors qu'elle avait un état psychologique d'une femme de 65 ans ne recelait que de très faibles traces biologiques d'atteintes neuronales en raison notamment d'un état cardiovasculaire extrêmement bon.
Qui peut vaincre et prévenir Alzheimer ?
Actuellement, la science ne sait pas guérir la maladie d'Alzheimer. Les soins qui sont prodigués sous différentes formes permettent au malade, sans réellement ralentir le cours de la maladie, de mieux vivre l'évolution grâce à un entretien et une meilleure utilisation de l'ensemble des facultés qui lui restent.
S'il est encore impossible d'agir sur les facteurs génétiques de la maladie, il est parfaitement possible d'avoir un impact extrêmement puissant sur les facteurs comportementaux.
Les facteurs comportementaux sur lesquels il est possible d'agir concernent l'ensemble de la population car nous pouvons tous, ou presque, mieux prendre soin de nous. En effet, la grande majorité de la population a des gênes non protecteurs, voire même des gênes défavorables.
Quand faut-il prévenir Alzheimer ?
La maladie d'Alzheimer, quand elle est diagnostiquée, a déjà touché une fraction très importante du cerveau (80% selon certains auteurs). Elle évolue de manière catastrophique en quelques années et il n'est pas possible à l'heure actuelle d'en modifier significativement l'évolution. Il est donc trop tard pour infléchir de manière sensible l'évolution.
Avec les comportements courants, les premières traces biologiques, sans symptômes repérables, apparaissent à partir de la quarantaine pour les personnes qui seront touchées vers 75 ans. La maladie met donc 30 à 40 ans à se développer. Un comportement préventif et protecteur aura un effet d'autant plus efficace qu'il sera démarré tôt. Idéalement, il conviendrait de commencer dès la fin de l'adolescence, au moment où les premières traces d'athérosclérose peuvent apparaître. Avant même que les premières traces biologiques de la maladie n'apparaissent (vers 45 ans) il convient vraiment d'agir. Toutefois, à 60 ou 70 ans, il est encore temps et efficace d'agir, il est encore temps de ralentir l'évolution pour la repousser aussi loin que possible.
Comment vaincre et prévenir Alzheimer ?
La maladie d'Alzheimer est, entre autres, liée à des problèmes de réparation des cellules nerveuses du cerveau. Il convient donc d'une part d'éviter l'endommagement des cellules nerveuses, d'autre part de favoriser la réparation des cellules nerveuses.
Protéger les cellules nerveuses :
Les chocs à la tête, les traumatismes crâniens sont connus pour être des facteurs favorisant les démences en général et Alzheimer en particulier. Il convient donc de protéger en permanence son crâne contre les chocs et d'éviter ceux-ci en particulier dans certains sports de combats ou dans le football.
L'alcool est un solvant organique. Or les cellules nerveuses contiennent une fraction importante de lipides (molécules grasses). L'ivresse est liée à un endommagement temporaire des cellules nerveuses. Il convient donc en toutes circonstances d'éviter l'ivresse et de limiter drastiquement la consommation de boissons alcoolisées. Si vous ne buvez pas d'alcool, ne commencez donc pas et restez abstinent.
Les états inflammatoires, le stress oxydatif endommagent les cellules nerveuses qui y sont soumises et sont des facteurs d'aggravation du risque de maladie d'Alzheimer.
Le diabète et les affections cardiovasculaires, le tabagisme... en endommageant les veines et les artères nuisent aux fonctions de réparation des cellules nerveuses : il convient donc de les traiter le plus efficacement possible et, pour le tabagisme, de refuser de se laisser enfumer car le tabagisme passif entraîne des modifications significatives et néfastes de la composition et de la fluidité du sang.
Le surpoids, notamment un IMC (indice de masse corporelle) supérieur à 25 est néfaste à la santé en général, à la santé cardiovasculaire et au cerveau en particulier. L'IMC se mesure en divisant son poids en kg par le carré de sa taille en mètre : IMC = poids / (taille x taille).
Favoriser la réparation des cellules nerveuses
Un des principales mesures pour favoriser la réparation des cellules nerveuses vise à leur apporter les nutriments et matériaux nécessaires à cette réparation. L'ensemble de ces matériaux est transporté dans le sang et pénètre dans le cerveau à travers les parois de minuscules vaisseaux sanguins (veinules et artérioles). L'état de ces vaisseaux sanguins, leur souplesse, leur épaisseur sont donc primordiaux pour que le transfert des matériaux du sang vers les cellules nerveuses se passe efficacement. Il est donc extrêmement important de conserver un système cardiovasculaire en excellent état. Cela est d'ailleurs vrai pour le bon fonctionnement de l'ensemble des organes du corps qui, tous, sont alimentés par le sang.
Un autre facteur favorable est d'avoir une plasticité neuronale élevée, c'est-à-dire d'avoir des cellules nerveuses capables de former de nouvelles liaisons en permanence pour compenser la défaillance de certaines cellules, ce qui peut arriver en toutes circonstances. Cette plasticité neuronale est d'autant plus importante que l'on a l'habitude d'utiliser son cerveau pour découvrir toutes sortes de nouvelles disciplines. Ainsi, les nivaux scolaires élevés, une activité intellectuelle importante et variée, la vie en couple sont des facteurs protecteurs.
Le facteur favorable le plus important sur le plan systémique est d'être heureux dans sa vie. C'est souvent une direction de vie de longue haleine, mais c'est cette direction qui nous permet d'avoir envie de vivre longtemps, de partager son bonheur avec ses proches, sa famille, son entourage et qui nous incite à prendre soin de nous et de notre santé, de prendre les mesures qui feront une différence majeure à long terme.
Synthèse prévention
Un article paru dans les annales de Neurologie en 2008 synthétise les recommandations de la manière suivante :
Éviter et se protéger des chocs au cerveau,
Être physiquement et intellectuellement actif,
Éviter le surpoids,
Mangez souvent du poisson (plusieurs fois par semaine, un jour sur deux)
Évitez les graisse néfastes : graisses saturées (graisses solides à température ambiante) et graisses hydrogénées ou trans (graisses industrielles),
Utilisez les graisses et huiles protectrices : huiles végétales telles que Colza, Noix (Oméga 3),
Mangez des fruits et des légumes en quantités, des céréales complètes,
Ne fumez pas et ne vous faites pas enfumer,
Limitez drastiquement l'alcool,
Si vous êtes une femme, le cas échéant, n'utilisez un THS (Traitement Hormonal Substitutif) qu'avec des hormones naturelles et pour un temps limité,
Si vous êtes un homme, envisagez si nécessaire, un traitement de la diminution des hormones masculines,
N'hésitez pas à utiliser des anti-inflammatoires si vous en avez besoin (notamment en cas de rhumatismes, de douleurs, d'infections banales...),
Vivez en bonne intelligence avec vos pairs et particulièrement, vivez en couple.