Qu'est ce que la maladie d'Alzheimer ? Comment la soigner à domicile ? Quelles conséquences pour les proches, la famille ? La vaincre et la prévenir ?
Il arrive parfois que certaines personnes tentent de rassurer les enfants d'un malade d'Alzheimer en leur indiquant qu'il n'y a pas de risque particulier pour eux. Ces personnes indiquent que seules les formes de maladies qui arrivent (relativement) jeunes sont héréditaires.
Pourtant, depuis des années, on sait que les enfants de parents touchés par la maladie d'Alzheimer ont eux-mêmes des risques nettement plus élevés de développer la maladie que les enfants de parents non touchés, toutes choses égales par ailleurs (même âge, mêmes comportements, même environnement, mêmes modes de vie...). Les risques seraient de quatre à dix fois élevés si des antécédents familiaux existent.
Des études qualitatives récentes menées par des équipes de l'Université Langone de New York (Etats Unis), de l'Université de Turku (Finlande) et du Centre médical Weill Corner de New York ont été publiées le 15 mars 2010 dans une revue scientifique de référence (Proceedings of the National Academy of Sciences, Etats Unis) ainsi que sur le site internet de l'Université Langone. Ces études, réalisées sur un petit échantillon de patients (42 personnes), montrent que le fait d'avoir un parent (père ou mère) souffrant de maladie d'Alzheimer entraîne des risques de développer des volumes de plaques amyloïdes supérieurs à des personnes dont les parents n'ont jamais été diagnostiqués avec la maladie. Il apparaît même que les personnes dont c'est la mère qui avait la maladie d'Alzheimer avaient un risque supérieur aux personnes dont c'est le père qui avait été diagnostiqué. Certes, l'étude est faite sur de très petits échantillons (c'est une étude qualitative). Elle confirme en tout cas les risques familiaux liés à la maladie d'Alzheimer.
Pourquoi alors ne pas dire aux enfants des malades ce qui est maintenant clairement établi ? Il s'agit souvent de ne pas affoler l'entourage du malade, dans la mesure où, jusqu'à récemment, la médecine savait peu de choses sur les facteurs de risques et les facteurs protecteurs de la maladie. Or, sur ce point également, les connaissances évoluent rapidement et l'on sait maintenant que certains comportements peuvent être très nettement protecteurs.
Un article publié au mois de février 2010 le JAD (Journal of Alzheimer's Disease) par une équipe italienne du CHU de Florence a recensé les différents travaux étudiant le lien entre le régime méditerranéen (alimentation de type méditerranéen) et l'incidence des maladies de dégénérescence (et notamment de la maladie d'Alzheimer). Cet article met en évidence « une association significative entre une meilleure adhésion au régime alimentaire méditerranéen et un risque réduit des maladies dégénératives chroniques majeurs, incluant la maladie d'Alzheimer ».
Rappelons que les maladies dégénératives majeures sont les maladies cardiovasculaires (dont l'athérosclérose), les cancers, les démences (dont la maladie d'Alzheimer), l'arthrose, ostéoporose, diabète...
Bref, si un ascendant est touché par la maladie d'Alzheimer, il y a tous les risques qu'il nous ait transmis une certaine fragilité : il est alors de notre intérêt de mettre en place tôt dans notre vie les comportements préventifs qui repousseront très fortement la maladie : nourriture méditerranéenne, exercice physique, exercice intellectuel, bonnes relations familiales et sociales...