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3 août 2010 2 03 /08 /août /2010 15:44

 

 

Présentation

Le neurone est la cellule de base dont est formé le cerveau en particulier et le système nerveux en général. Il existe d'autres types de cellules dans le système nerveux, en particulier les cellules gliales dont le rôle est de soutenir, protéger, nourrir les neurones, réguler leur action... Sans entrer dans les détails, les neurones sont les cellules de base qui permettent de traiter et de transmettre l'influx nerveux – autrement dit les ordres moteurs dirigés vers les muscles et les perceptions venant des différents sens (vue, audition, toucher, goût, odorat) – de traiter et générer la pensée.

 

La communication entre neurones

Le neurone est une cellule orientée : le flux nerveux, l'information passe uniquement dans un seul sens (cf. illustrations ci-dessous) : en amont, le flux nerveux est reçu par les dendrites. Le flux passe ensuite par le centre du neurone (corps cellulaire). Il est enfin transmis par l'axone jusqu'au bouton terminal. Ce bouton terminal est en liaison au travers des synapses avec les dendrites du neurone suivant à qui il va transmettre cet influx nerveux. On a ainsi des chaînes de neurones qui vont transmettre l'information à travers le système nerveux dans son ensemble.

 

 

...n°4 => Neurone n°5 => Neurone n°6 => Neurone n°7 => Neurone n°8 => N...

Transmission du flux entre neurones

 

 

     <======== Neurone n°5 ========>                            <======== Neurone n°6 ========>
=> Dendrite => Axone => Bouton term. => Synapse => Dendrite => Axone => Bouton term. => S.

Transmission du flux entre deux neurones

 

Differentes-sortes-de-neurones.JPG 

Les neurones peuvent avoir des formes différentes avec une ou plusieurs dendrites et un seul axone.

 

Une double attaque des neurones

Dans la maladie d'Alzheimer, le neurone est attaqué de l'extérieur et de l'intérieur par deux agressions qui se renforcent mutuellement. Les dommages concernent en premier lieu les axones, c'est-à-dire les extrémités de communication des neurones, puis ils remontent vers le corps du neurone et finissent par le détruire dans sa totalité.

 

Une attaque à l'extérieur des neurones

A l'extérieur du neurone, l'agression provient de ce que l'on appelle les plaques amyloïdes. Ce sont des amas de protéines Béta-amyloïdes qui s'assemblent, formant un milieu très agressif pour les cellules nerveuses. Ces protéines proviennent de la dégradation d'une molécule entrant dans la composition normale des parois des cellules. Lorsque cette molécule doit être remplacée, elle est détruite par des enzymes (protéines chargées de certaines opérations chimiques dans les corps vivants). En fait, elle est découpée en morceau par les enzymes et certains de ces morceaux, insolubles, les protéines Béta-amyloïdes, s'accumulent en amas délétères pour les neurones. Cette accumulation semble se produire quand le taux de destruction est supérieur à la capacité d'évacuation de ces molécules par le cerveau : des stocks se produisent, des amas se forment et la plaque amyloïde apparait.

 

Une attaque à l'intérieur des neurones

A l'intérieur du neurone existent ce que l'on appelle des microtubules. Ces microtubules sont des constituants de toutes les cellules : de forme cylindrique, ils forment un réseau de « tubes » qui constitue le squelette de la cellule et lui donne sa forme. La structure des microtubules est renforcée par des molécules en forme de petites ceintures (protéines Tau) qui entourent les microtubules et les solidifient. Dans la maladie d'Alzheimer, les protéines Tau (les petites ceintures) finissent par se détacher ce qui entraîne la dislocation des microtubules (dégénérescence neuro-fibrilaire ou DNF) puis une désagrégation progressive des neurones en commençant par les axones. Ces axones dépérissent et le neurone perd progressivement ses capacités de transmission de l'information, avant de dépérir à son tour.

 

Il apparaît que les deux attaques, à l'intérieur et à l'extérieur du neurone, se renforcent mutuellement et il a été montré, récemment, en juillet 2010 (Université de Southampton), que la régression (expérimentale) des plaques amyloïdes à l'extérieur des neurones entrainait en outre une diminution de la dégénérescence neuro-fibrilaire à l'intérieur des axones des neurones (ce qui confirme ce que l'on pensait jusque là).

 

 

Réparations

Pourquoi le cerveau ne se répare-t-il pas correctement face aux dommages qui lui sont causés ? En fait, le corps humain passe son temps à réparer des dégâts qui sont occasionnés par des éléments extérieurs (rayons lumineux, rayons cosmiques, produits chimiques, coups...) et intérieurs (réactions chimiques, virus, produits toxiques, alcool...). Le corps comprend des systèmes de réparation extrêmement puissants, sophistiqués et précis. Toutefois, s'ils sont beaucoup plus précis que la plupart des systèmes de réparation et d'entretien que les hommes conçoivent, ils laissent passer des petites erreurs (très peu souvent en proportion, mais en très grand nombre compte tenu des milliards de cellules que compte le corps humain).

Et, dans certains cas, nos systèmes de réparation ne disposent pas des matériaux nécessaires en quantité suffisante pour effectuer une reconstruction à l'identique. Des erreurs de réparation finissent par s'accumuler entrainant des conséquences qui, à la longue, peuvent devenir catastrophiques, comme dans le cas de la maladie d'Alzheimer : progressivement, de petites erreurs, de petits dommages, en s'accumulant sur des dizaines d'années, entraînent des problèmes de fonctionnement majeurs.

Dans les cas des formes de maladies d'Alzheimer jeunes, les phénomènes de réparation des neurones fonctionnent beaucoup moins bien que dans le reste de la population (il semble que certains matériaux essentiels à l'entretien des cellules nerveuses – cholestérol en particulier – ne sont pas acheminées correctement) : les neurones se dégradent alors beaucoup plus vite.

 

Importance de la prévention

Si la médecine ne sait pas encore guérir la maladie d'Alzheimer (on ne comprend encore pas suffisamment tous les mécanismes impliqués), l'importance de la prévention : éviter les agressions contre le cerveau et favoriser les mécanismes de réparation.

Si les agressions contre les tissus sont moins nombreuses, il y aura moins de réparations à réaliser (et donc moins d'erreurs de réparations).

En terme de réparation, la prévention cardiovasculaire apparaît majeure pour éviter ou retarder la maladie. En effet, tous les matériaux nécessaires au fonctionnement et à la réparation des neurones sont apportés par le sang. Ils doivent traverser les parois des toutes petites veines (veinules) et des toutes petites artères (artérioles) qui alimentent tout le corps, y compris le cerveau. Si ces petits vaisseaux sanguins sont en mauvais état, s'ils sont bouchés ou imperméables, les matériaux de réparation ne les franchissent plus : les réparations se font avec les moyens du bord, c'est-à-dire qu'elles se font mal.

 

Bref, pour protéger vos neurones, évitez de les endommager et permettez aux systèmes de réparation de fonctionner le plus efficacement possible.

 

 

 

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