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31 août 2010 2 31 /08 /août /2010 19:19

 

 

Confusions

Proust dans son immense roman sur le temps perdu puis retrouvé mentionne que certains bruits, pour être rattachés à leur cause réelle par celui qui les entend, nécessitent un travail de réflexion qui, parfois, peut prendre quelques minutes. Le son peut être déformé par différentes phénomènes : étouffement par des tentures ou des parois, affaiblissement par la distance, mélange avec d'autres sons concomitants.... Ce son déformé, avant d'être reconnu, doit faire l'objet d'un processus mental - rapide le plus souvent – de rattachement à différentes causes plausibles, de sélection des causes les plus pertinentes, d'identification avec sa source.

 

Pour une personne qui entend mal, pour une personne qui n'a pas toutes ses facultés intellectuelles, pour une personne qui ne sait pas très bien où elle est, l'identification du bruit, de la source d'un bruit peut alors être difficile, voire impossible. Les bruits inconnus peuvent alors prendre une dimension angoissante par impossibilité à les relier à leur cause réelle, qui pourtant, pourra être anodine, le plus souvent.

 

Le bruit source d'angoisse

Un malade d'Alzheimer peut cumuler différentes difficultés qui contribueront à rendre les bruits effrayants : baisse de l'audition liée à l'âge, diminution de la capacité de raisonnement, désorientation, perte des repères temporels et spatiaux, hallucinations (dans les stades avancés de la maladie)... Cet effroi lié aux bruits sera d'autant plus probable que le malade se sentira mal à l'aise, incompris, isolé... entraînant alors un cercle vicieux où l'angoisse accroit l'effroi et où l'effroi renforce l'angoisse...

 

Il est alors important de briser ce cercle vicieux à différents niveaux. D'une part en mettant en place une ambiance affective aussi rassurante que possible (voir l'article traitant de ce thème). D'autre part en prenant soin de l'ambiance sonore dans laquelle la personne malade se trouve.

 

Quelques remèdes passifs et actifs

S'il n'est pas toujours facile d'empêcher tout bruit intempestif, il est souvent possible de les atténuer moyennant un certain nombre de mesures matérielles simples, mais parfois coûteuses. Contre les bruits externes, la mise en place de doubles vitrages, de doubles fenêtres, voire de sur-vitrages pourra être un remède efficace apportant en outre un confort thermique amélioré.

On pourra également envisager la mise en place de rideaux lourds devant les portes, voire de renforcer les portes (portes capitonnées), bien que ces mesures soient d'une efficacité limitée, notamment contre les bruits les plus graves.

Contre les chocs venant de l'étage supérieur, les tapis et les moquettes sont des solutions intéressantes qui atténuent nettement les résonances.

Il peut être intéressant d'envisager le port d'un casque anti-bruit (ou de boules type « Quies ») si le malade le supporte dans les cas de travaux indispensables et bruyants, s'il n'est pas possible d'éloigner le malade.

 

Enfin, il faut toujours penser à créer une ambiance sonore apaisante pour le malade en diffusant des sons (nature, campagne, vent, eau, animaux...) ou des voix (enfants, conjoint, histoires et contes...) ou des musiques qu'il aime. Cela pourra être aussi bien des enregistrements musicaux (chansons, musique traditionnelle ou musique classique...), une radio... qui pourront contribuer à contrebalancer l'influence de sons moins maîtrisés et potentiellement perturbateurs venant de l'extérieur. Cela pourra se faire aussi, si le malade l'accepte, par l'utilisation d'un baladeur et d'un casque adapté qui le suivront partout et ne concerneront que lui.

 

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