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17 avril 2010 6 17 /04 /avril /2010 08:43

 

Le moral des malades d'Alzheimer en stade deux (phase intermédiaire) peut être considérablement amélioré si on les aide à se rappeler du passé, de leur passé, des périodes fastes de leur vie d'antan, de leurs meilleurs souvenirs... En particulier, la joie de vivre du malade peut être considérablement améliorée grâce à une meilleure image de lui-même, grâce à la reconnexion avec des souvenirs enfouis mais pourtant agréables, grâce à une amélioration de la socialisation, à des moments de convivialité qui se nouent autour des activités de réminiscence, par le fait que le malade peut à nouveau s'exprimer de manière intelligible et qu'il est, pour un temps, le centre de la conversation, par le plaisir que l'on a de parler de soi...

 

En effet, comme leur mémoire à court et moyen terme s'efface progressivement, les malades ont tendance à vivre dans des souvenirs de plus en plus lointains, très décalés par rapport à leur environnement courant, les lieux qu'ils fréquentent, les décors qu'ils voient, les aliments qu'ils consomment, les personnes qu'ils rencontrent, les bruits, les informations et les musiques qu'ils entendent, les odeurs qu'ils sentent...

Pour autant, leur mémoire n'est pas parfaite, c'est-à-dire qu'ils n'ont pas à l'esprit – à la conscience – tout leur passé, et des stimulations adaptées peuvent leur être d'une grande utilité pour faire ressurgir de nouvelles composantes de ce passé, d'enrichir leur capacité de souvenir. Le malade peut ainsi retrouver une identité propre, son identité et dépasser le sentiment d'isolement qui l'envahit progressivement du fait des difficultés de communication qu'il peut avoir avec son entourage.

 

Pour faire un travail de réminiscence efficace, différentes modalités existent qui exigent des moyens très différents de la part de l'entourage. La réminiscence peut passer par ce que l'on appelle les « ateliers de réminiscence » avec ou sans membre de la famille. Elle peut passer par le travail avec un professionnel, un psychologue par exemple. Elle peut également se faire à domicile. Les différentes modalités ont des champs d'application plus ou moins larges en fonction de l'état du malade et des capacités de l'entourage.

 

Le travail tournera autour des thèmes suivants qui pourront être abordés successivement :

  • l'enfance,

  • l'école,

  • l'apprentissage (éventuellement),

  • la jeunesse,

  • les fiançailles et le mariage,

  • les enfants,

  • les fêtes,

  • le monde du travail,

  • les vacances...

 

Le travail utilisera des supports pour stimuler la mémoire des malades, comme par exemple :

  • Photos,

  • Journaux,

  • Livres,

  • Disques et documents sonores,

  • Produits régionaux pertinents,

  • Autres objets de la vie courante (ustensiles de cuisine, objets personnels, bibelots, instruments de musique, vêtements, outils...)...

 

 

Pour les personnes qui auraient vécu des épreuves particulièrement difficiles dans leur passé (déportation, sévices, souffrances intenses, abandon, harcèlement...) il convient néanmoins d'être vigilant dans la façon de procéder et d'éviter de les replonger dans ces époques. Des crises psychologiques importantes peuvent se déclencher qu'il sera difficile de contenir et qui affecteront durablement le moral du malade. Dans ces cas, il conviendra d'agir avec une grande prudence, d'interrompre toute séance commencée, de prévoir des dérivatifs dont on sait qu'ils déclenchent des réactions positives du malade et surtout, de ne pas procéder sans aide compétente.

 

 

 

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