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30 mai 2010 7 30 /05 /mai /2010 08:42

 

 

 

La capacité de lire et de comprendre ce qu'ils lisent reste très longtemps active chez de nombreux malades Alzheimer. Cela est vrai y compris pour des patients qui ont des difficultés à s'exprimer et à communiquer par le langage verbal. Cela est particulièrement vrai pour les patients qui ont manifesté toute leur vie une activité de lecture développée : leur capacité de lire et d'apprécier la lecture reste vivace très longtemps, jusque à des phases très avancées de la maladie.

 

Les études qui ont été faites ont montré en outre que la lecture contribuait de manière significative à la qualité de vie du malade. Au début de la maladie, les malades peuvent continuer à apprécier le type de lecture dont ils avaient l'habitude jusque là, que ce soient des livres, des journaux ou des magazines.

 

Par la suite, il est possible qu'il soit nécessaire de choisir des livres plus adaptés à la personne et à ses capacités. Certains aidants proposent des livres pour enfants qui ont pour avantage la grande taille des caractères, la facilité de manipulation (pages cartonnées par exemple) et la lisibilité des illustrations. Ces livres ont pour inconvénients, souvent, de traiter de questions peu pertinentes pour des adultes et de faire référence au monde de l'enfance actuel, souvent très éloigné de celui dont les malades peuvent se souvenir. Néanmoins, ces livres peuvent être un lien avec les petits-enfants, un prétexte pour échanger de la connivence et de la convivialité. A titre de remémoration, il peut être intéressant, pour le malade et ses proches de retrouver des livres d'enfants de leurs propres enfants (qu'ils leur ont lus et relus) et même des livres de leur propre enfance. D'une part ces livres font partie d'un monde familier et d'autre part ils peuvent permettre de se rappeler de (bons) souvenirs anciens.

 

Il commence également à exister des livres spécialement conçus pour les personnes atteintes d'un déficit cognitif : les caractères sont très lisibles, les pages sont faciles à manipuler, les images sont faciles à comprendre et les thèmes traités sont adaptés à des personnes âgées : activités agréables possibles pour le malade et son entourage, situations valorisantes de la vie courante, célébration du temps qui passe et des événements qui le rythment...

 

Parallèlement, en fonction des capacités du malade et en fonction du plaisir que chacun (malade et aidant) y trouve, l'aidant pourra passer du temps à lire des livres, des journaux, des revues... au malade en les choisissant en fonction de ce qui les intéresse (malade et aidant) ou, si le malade ne sait plus s'exprimer de manière suffisamment claire, en fonction de ce qui permet d'obtenir des réactions gratifiantes (sourires, bien-être, bonne humeur, émerveillement, signes d'intérêt...).

 

On peut se demander quel intérêt il y a pour le malade à lire alors que sa mémoire à court terme donne quelques signes de faiblesse. Une première raison est simplement que beaucoup de malades aiment lire, aiment se raconter des histoires, sont pris dans un monde qui leur plait quand ils lisent. Une seconde raison est que c'est une occupation très simple qui permet à l'aidant de se consacrer, au moins partiellement, à ses autres activités indispensables ou non. Une troisième raison est que même si la mémoire du malade est défaillante et qu'il oublie rapidement ce qu'il vient de lire, la bonne humeur qu'il tire de ses lectures persiste au-delà de la période de lecture et retentit pendant les moments qui suivent ceux consacrés à la lecture. Une quatrième raison est que même si le malade oublie rapidement, il est, y compris à des stades avancés de la maladie, capable de parler des thèmes de l'article avec son entourage : les lectures peuvent alors être des sujets de conversation agréables qui viendront compléter les nombreuses autres activités de la journée...

 

 

 

 

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commentaires

A
Bonjour, tous les membres de ma famille qui lisaient beaucoup, soit deux ou trois livres par semaine, ont été atteint de cette horrible maladie..... Les moins intellectuels sont tous saufs.... Pourtant ils aimaient lire et essayaient de convaincre à la lecture et de transmettre leur passion..... la lecture serait-elle un facteur aggravant voir déclenchant.... raisonnement pas plus stupide que d'encourager la lecture comme "remède" !
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