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11 juin 2010 5 11 /06 /juin /2010 18:33

« Voyager avec un malade - Prévenir et soigner Alzheimer à domicile »

 

 

 

Voyager avec un malade à un stade avancé de la maladie d'Alzheimer peut fort bien se passer si les différentes difficultés possibles ont été envisagées et que des parades ont été prévues. Cela peut tourner à une épreuve douloureuse en cas de problèmes imprévus. En particulier, un voyage avec une personne en stade sévère (fin de phase 2 et phase 3) doit être mûrement réfléchi en raison des risques de désorientation du malade (il est plus à l'aise s'il est dans un environnement connu), particulièrement s'il a tendance à s'agiter et s'il est vigoureux physiquement. Il faudra éventuellement envisager, si cela est possible, un transfert médicalisé. A tout le moins, il conviendra de faire une expérience sur un voyage court, bien accompagné, pour vérifier la capacité de l'accompagnant à faire face et définir les modalités d'organisation du grand voyage.

 

Pour que tout se passe au mieux (il n'est pas toujours possible d'éviter tous les problèmes, et notamment ceux que peuvent rencontrer eux-mêmes les accompagnants), il est nécessaire de réaliser un travail préalable de planification et de se ménager des marges de flexibilité pour gérer les incertitudes qui ne manqueront pas de se produire.

 

Il est impératif que les accompagnants soient en bonne forme physique et mentale, bien reposés, et prêts à faire face aux aléas du voyage. Il est très nettement préférable que les accompagnants soient plusieurs pour se prêter main forte, pour transporter les bagages, pour se relayer pour veiller sur le malade.

 

Il convient de préparer le voyage :

  • en prévoyant des horaires où le malade est habituellement dans sa meilleure forme,

  • en réalisant des copies de tous les documents importants (identités du malade, noms des contacts importants et notamment de la famille et du ou des médecins, liste des médicaments et traitements courants, liste d'allergies éventuelles, procurations et statut juridique, cartes de sécurité sociales et assurances...),

  • en emmenant les médicaments nécessaires pour le voyage et éventuellement pour le séjour,

  • en préparant un plan de voyage précis comprenant des solutions de rechange éventuelles,

  • en emmenant des vêtements de rechange, des boissons (de l'eau de préférence), des en-cas et des occupations diverses (notamment des occupations courantes agréables pour le malade)...

 

Il est important que l'identité du malade, le nom des personnes à joindre et les précautions médicales à prendre soient rapidement déterminable au cas où le malade échapperait à la surveillance de ses accompagnateurs afin que les services de sécurité ou toute autre personne puisse appeler les dites personnes à joindre. Il conviendra à cet effet de mettre une copie des informations importantes (cf. deuxième alinéa du paragraphe précédent jusqu'à allergies).

 

Pour ce qui concerne l'itinéraire, il vaut mieux s'en tenir aux solutions habituelles tant pour le mode de transport que pour la destination : il y aura moins de surprises à gérer et le malade sera moins désorienté. En outre, maintenir les habitudes courantes (horaires de lever, de coucher et de repas, activités, modes d'alimentation...) facilitera également les choses.

 

Avant et pendant le voyage, informez systématiquement le personnel du transporteur et de l'hébergeur de l'état du malade : en cas de difficultés, ils seront en général plus indulgents et de toute façon plus à même de vous apporter assistance si nécessaire.

 

Les voyages en train et en avion présentent quelques difficultés spécifiques liées à la foule, au bruit (annonces par haut-parleur) et autres sensations inhabituelles dans les gares et les aéroports. Il est souvent intéressant de s'informer à l'avance et de demander une assistance spéciale de la part du personnel afin de faciliter les déplacements. Il peut être très pertinent de demander un accompagnateur avec un fauteuil roulant même si le malade n'en a pas réellement besoin pour faciliter et accélérer les déplacements et l'orientation dans la gare ou l'aéroport : le personnel vous prendra à un point de rendez-vous pour vous amener directement à la bonne destination et facilitera considérablement les relations avec les autres employés (raccourci, coupe-files...).

 

Sur place, à l'arrivée du voyage, il vaut mieux éviter d'en faire trop, de proposer beaucoup d'activités : le malade se fatigue souvent rapidement et si cela se produit loin du lieu d'hébergement, le retour risque d'être difficile.

 

Bref, moyennant quelques précautions simples et un accompagnement adapté, les voyages sont souvent possibles et peuvent même se révéler agréables si toute la logistique ne repose pas sur une personne unique.

 

 

 

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