Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
24 octobre 2010 7 24 /10 /octobre /2010 15:56

 

 

CerveauPrévention intellectuelle

Il est maintenant largement admis et démontré que la stimulation intellectuelle est favorable en terme de prévention dans les familles susceptibles d'être touchées par la maladie d'Alzheimer. Un niveau d'étude élevé est en particulier un excellent moyen de protection, de ralentissement de l'apparition des premiers effets de la maladie. Des études récentes réalisées par l'INSERM en France à Montpellier et Dijon et publiées dans la revue « Neurology » en juin 2009 confirment que les activités intellectuelles stimulantes (en particulier faire des mots croisés, jouer aux cartes, aller au théâtre ou au cinéma, pratiquer une activité artistique...) pratiquées plusieurs fois par semaine contribuent à faire diminuer significativement les risques de démence en général et de maladie d'Alzheimer en particulier.

 

 

Le remède peut devenir poison

Toutefois, il convient de rappeler que la même revue « Neurology » a publié en septembre 2010 un article qui confirme les conclusions de l'INSERM (diminution du risque de maladie chez les personnes stimulées intellectuellement), mais qui indique que des stimulations intellectuelles trop marquées aggravent les symptômes de la maladie chez les malades déjà diagnostiqués. Autrement dit, ce qui est favorables chez les personnes non malades devient défavorable chez les malades et neutre chez les personnes qui ont un déficit cognitif léger.

 

 

Une pression délétère

Quelle pourrait être l'explication de ces observations surprenantes ?

On sait que chez les personnes fonctionnant correctement sur le plan intellectuel, une fraction significative de la protection apportée par l'activité intellectuelle provient d'une utilisation plus poussée de la « réserve cognitive », c'est-à-dire de la capacité à utiliser de manière très souple toutes les ressources intellectuelles disponibles pour des activités variées... Autrement dit, l'habitude d'utiliser son esprit pour résoudre des problèmes variés le rend plus souple et plus efficace.

Par contre, quand une personne est malade, quand la maladie est diagnostiquée, quand les symptômes comportementaux apparaissent, c'est que la personne souffrante ne peut plus faire face aux besoins de sa vie courante avec les ressources intellectuelles dont elle dispose. Elle utilise toutes ses ressources intellectuelles qui, malgré tout, sont insuffisantes. La compétition (consciente ou inconsciente) face aux autres ou face à soi-même n'est plus possible et devient délétère.

Vouloir stimuler intellectuellement une personne malade, vouloir l'entraîner consiste en fait à vouloir lui faire utiliser des ressources qui ne sont plus disponibles et fait ressentir à cette personne ses difficultés de manière plus explicite. Elle ne se sent plus à la hauteur de ce que l'on attend d'elle, ce qui, indirectement, entraîne des difficultés en terme d'estime de soi, des risques de repliement, une incompréhension face aux difficultés auxquelles elle est soumise.

 

 

Choisir des activités adaptées

Cela ne signifie par pour autant qu'il ne faut plus faire pratiquer au malade aucune activité intellectuelle. Il convient de choisir des activités adaptées, gratifiantes et notamment des activités à visée qualitative que le malade est capable de réussir à sa mesure. Tout le champ des activités créatives est grand ouvert pour permettre au malade de s'exprimer, de créer, d'agir et de réfléchir à sa mesure, en fonction de ses moyens et en fonction de ses envies. L'art sous forme de jeu, d'activité gratifiante, devient alors un loisir et une thérapie par les possibilités d'utiliser toutes ses ressources de manière entièrement libre, au niveau disponible... Pour le malade qui apprécie ce type d'activités, l'art lui permet de vivre aussi pleinement, aussi intensément, aussi sereinement que possible chaque instant, de faire de chaque instant un instant d'éternité où il sera en accord avec lui-même et avec le monde qui l'entoure...

Très souvent, il sera alors tout proche du bonheur, dont il se rapprochera encore plus s'il peut le partager avec ses proches... Il aura alors de nouveau un rôle significatif au milieu des siens en les initiant à ces moments de plénitude, rôle qui lui redonnera une dignité et une valeur dont, parfois, il pouvait douter face à lui-même et face au regard des tiers...

 

 

Partager cet article
Repost0

commentaires