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18 avril 2010 7 18 /04 /avril /2010 09:13

 

Le cerveau a la capacité de changer d'améliorer son fonctionnement à tout âge y compris à 70 ans et au-delà, s'il est en bon état physiologique (ce qui n'est pas le cas d'un malade d'Alzheimer à un stade avancé). Cela signifie qu'il est non seulement possible de maintenir les connexions existantes entre les neurones, mais qu'il est également possible de créer de nouvelles connexions.

 

En terme de prévention, si le maintien des liaisons entre neurones est importante, la création de nouvelles connexions est cruciale car elle stimule la plasticité du cerveau et contribue de manière décisive à compenser les pertes neuronales que l'on peut avoir pour différentes raisons. C'est d'ailleurs pourquoi les scientifiques ont prouvé que les personnes ayant un haut niveau d'éducation scolaire sont moins sujets à la maladie d'Alzheimer. Certes, en fonction de leur mode de vie et de leur terrain biologique, ils peuvent être touchés par Alzheimer, mais, toutes choses égales par ailleurs, ils sont touchés plus tardivement et la maladie évolue souvent plus rapidement chez eux. Il semblerait que malades « intellectuels » utilisent mieux les ressources neuronales qui leur restent que les autres malades.

 

Au plan biologique, des expériences récentes, publiées en 2010, ont montré que l'apprentissage de nouvelles compétences, en étant confronté à des environnements inhabituels, favorisaient la production d'une molécule appelée BNDF (Facteur neurotrophique dérivé du cerveau). Or cette molécule a un effet extrêmement puissant de protection et de développement des neurones. Ses effets sont puissants aussi bien dans l'hippocampe que dans le cortex cérébral. Or il s'agit des régions du cerveau qui sont les premières affectées par la maladie d'Alzheimer. Bref, l'apprentissage apparaît comme un facteur important de prévention, voire de ralentissement, de la maladie d'Alzheimer.

 

Que peut-on faire alors pour favoriser la prévention par la stimulation intellectuelle ?

La lecture est une première étape, mais elle ne fait que maintenir les connexions existantes. Il en va de même pour de nombreux jeux intellectuels à partir du moment où on les maîtrise. Il convient en fait de passer à de nouveaux apprentissages : apprendre à jouer d'un instrument de musique, suivre activement des cours à l'université et réaliser les devoirs et exercices nécessaires à la maîtrise de la matière étudiée, travailler à temps partiel dans des activités totalement nouvelles et que l'on ne maîtrise pas... Bref, il s'agit d'acquérir de nouvelles façons de penser, de nouvelles façons d'utiliser son cerveau, de se confronter à des matières que l'on ne maîtrise pas, qui parfois font peur parce qu'elles ne sont pas familières et que l'on va découvrir progressivement. Il ne s'agit pas là du devoir de prouver que l'on est excellent, il s'agit de se donner le droit d'explorer et d'apprécier des domaines de savoir et de savoir-faire totalement nouveaux...

A cela, on pourra également ajouter d'autres disciplines à cheval sur les domaines intellectuel et physique comme l'apprentissage de nouvelles danses, de la jonglerie, du cyclisme, voire du funambulisme (si l'on ose s'y lancer). Ces disciplines, outres les avantages en matière de prévention d'Alzheimer qu'elles procurent sur le plan physique, stimulent l'oreille interne, donc le sens de l'équilibre et permettront de limiter les risques de chute et les vertiges chez le pratiquant. 

Le tutorat, d'après des études récentes, est également une excellente activité préventive : il a été démontré qu'aider un enfant à faire ses devoirs, à comprendre ses leçons avait un impact préventif certain, vraisemblablement parce qu'à l'activité intellectuelle nécessaire s'ajoutent des relations sociales gratifiantes.

Enfin, un sommeil suffisant et de bonne qualité apportera une meilleure mémorisation à long terme de ce que nous apprenons chaque jour.

 

 

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commentaires

S

Bonsoir. Sophrologue à Marseille, je me suis demandé si ma spécialité pouvait aussi aider les gens, en amont ou après la déclaration de la maladie. Qu'en pensez-vous ?


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